Auteur

Victor Hugo

Tous deux sont morts. Seigneur, votre droite est terrible!
La popularité, cette grande menteuse.
Je ne regrette rien devant ton mur sublime - Que Phidias absent et mon père oublié!
Sur le Racine mort le Campistron pullule.
Le mot propre, ce rustre, - N'était que caporal, je l'ai fait colonel.
La chanson la plus charmante - Est la chanson des amours.
Maintenant, ô mon Dieu, que j'ai ce calme sombre - De pouvoir désormais - Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombre - Elle dort pour jamais.
Rien ne dompte la conscience de l'homme, car la conscience de l'homme c'est la pensée de Dieu.
J'accepte l'âpre exil n'eût-il ni fin ni terme; - Sans chercher à savoir et sans considérer - Si quelqu'un a plié qu'on aurait plus cru ferme, - Et si plusieurs s'en vont qui devraient demeurer.
Nous mettons l'infini librement dans nos strophes, - Nous demandons des mots au destin, maître obscur, - Nous prenons, s'il nous faut de sombres catastrophes, - Sa grande épée à main accrochée à son mur.
Vous avez dans le ciel une escorte d'étoiles, - Votre main en s'ouvrant verse les tourbillons, - Vos drames sont joués sur l'océan sans voiles - Par quatre grands acteurs nommés les aquilons.
Deux phares rayonnants conduisent votre voile, - Deux autels de granit dont on n'ose approcher; - L'art et l'exil posant tous deux la même étoile - Sur le même rocher.
L'art et l'exil! géants! lutteurs aux grands murmures, - Blancs d'écume tous deux, ils combattent le sort, - Dans l'humaine mêlée on entend leurs armures, - Et quand ils sont vainqueurs, ils entrent dans la mort.
Ils entrent dans la mort en chantant leur victoire, - Les chevaux du soleil qui hennissent le feu - Les mènent couronnés aux portes de la gloire, - Capitale de Dieu.
Le trou du vêtement d'un enfant sous la bise - Est un des abîmes de Dieu.
Renonce à voir Tapner. Sa pauvre âme en silence - Dans un recueillement doux et religieux, - Se fait avec sa corde, au pied de la potence, - Une échelle qui monte aux cieux.
Paix à ce mort qui prie et qui vide ses haines - Dans le sein du Seigneur et qui redevient beau. - Ne trouble pas ce coeur qui des prisons humaines - S'est évadé dans le tombeau.
Laisse-le lentement sous le Dieu qu'il implore - S'épurer. Laisse-le penser au grand demain - Qui viendra l'enlever pour sa divine aurore - Au bonnet du sommeil humain.
Tout sur terre appartient aux princes hors le vent.
Sire, vous reviendrez dans votre capitale, - Sans tocsin, sans combat, sans lutte et sans fureur, - Traîné par huit chevaux, sous l'arche triomphale, - En habit d'Empereur.
Que fais-tu là, me dit Virgile, - Et je répondis tout couvert - Par l'écume du monstre agile: - «Maître, je mets Pégase au vert».
La blanchisseuse, gaie et tendre, - Sourit, et dans le hameau noir, - Sa mère au loin cessa d'entendre - Le bruit vertueux du battoir.
L'amour, c'est le je ne sais quoi. - Une femme habile à se taire - Est la caverne où se tient coi - Ce méchant petit sagittaire.
Qu'elle est belle, qu'il est beau! - Le morne oubli prend dans l'ombre, - Par degrés, l'épaisseur sombre - De la pierre du tombeau.
On entendit sortir de sa bouche cette parole à peine articulée: - Ce n'est rien de mourir; c'est affreux de ne pas vivre.

Œuvres de Victor Hugo

A maman, Poème écrit le 27 septembre 1816.A propos de Shakespeare.Actes et Paroles (1875-1876)Actes et Paroles (1875-1876), Avant l'exilActes et Paroles (1875-1876), Avant l'exil, 2 mars 1848Actes et Paroles (1875-1876), III, XXII, Pour un soldat, février 1875Actes et Paroles (1875-1876), IV, Discours pour Voltaire, 30 mai 1878Actes et Paroles (1875-1876), Pendant l'exil, 24 février 1855Actes et paroles - Pendant l'exil (1875), 5 septembre 1870Amy RobsartAngelo, tyran de Padoue (1835)ApocrypheAprès l'hiverAristophaneAux membres du Congrès international pour l'avancement des sciences sociales, 22 septembre 1862.Aux élus de droite de la chambre des députés.Bug-Jargal (1826)Carnets, albums, journauxChoses vues (1849-1869)Choses vues (1849-1869), 1849