Auteur

Véronique Olmi

Maintenant je sais aussi que l'on peut détester chaque être aimé. Par instants. Par douleur.
J'ai perdu tant de temps à prendre sur moi, que je suis passée par dessus bord.
La solitude est à vous, elle vous tient, et on ne sait jamais si c'est une délivrance ou une malédiction. Va-t-elle vous donner des ailes ou vous réduire à une existence de petits pas ? J'étais entre deux mondes. Si libre.
Ce qu'elle aurait aimé, dans cette solitude qui en augurait une autre, c'est d'entendre la mer. Entendre la mer sans la voir et lui accorder le pouvoir de porter en elle le souffle de tous ceux qu'elle aimait sans le leur dire jamais.
Je vais retrouver le seul homme que j'aie jamais aimé.
Il y a partout autour de lui des vérités qu'il ignore, des évidences qu'il ne soupçonne même pas, et des êtres prédestinés, à qui il n'a pas encore fait attention.
Et toujours l'amour est cette possession qui se dérobe.
Lors de ces week-ends entre amis, à force d'être une personne conciliante et gentille, toujours surgissait en elle à un moment ou un autre l'envie de s'éclipser. Ne plus parler. Ne plus écouter. Ne plus comprendre.
Lucie parle avec ses belles-soeurs, il est simple d'avoir l'air de s'entendre quand on parle entre femmes bien élevées, cela va tout seul, c'est l'art de la conversation.
Cet homme avec qui elle vit, il est son garde-fou, pensa-t-elle, celui qui la calme. Celui qui la tue.
Et le bruit si proche de la mer qui, imperceptiblement par vagues discrètes, se retirait, comme un témoin qui sort à reculons et dont on ne se rendra compte de l'absence que par le silence que cela fait.
Je révais d'un amour tourmenté avec un Heathcliff provençal, quelque chose de compliqué qui m'aurait ravagée, laminée, laissée exsangue et assouvie.
Un gros qui s'appelle Enzo Popov, ça fait rire instantanément.
Il avait une façon d'être là qui même dans le silence, prenait toute la place.
La peur est un envahissement. Avec elle, on est cloué au sol.
Puis elle avait traqué les silences, sans les comprendre. Juste pour qu'ils interrompent les phrases, prennent plus d'importance que les discours.

Œuvres de Véronique Olmi

Bord de mer (2001)Cet été-là (2011)J'aimais mieux quand c'était toi (2015)La Nuit en vérité (2013)La Promenade des russes (2008)Le Premier Amour (2010)Nous étions faits pour être heureux (2012)Numéro six (2002)Un si bel avenir (2003)