Puis elle avait traqué les silences, sans les comprendre. Juste pour qu'ils interrompent les phrases, prennent plus d'importance que les discours.

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Et c'est là que j'ai réalisé que plus jamais je ne verrai mes parents ensemble. Plus jamais je ne les verrai côte à côte, plus jamais je n'appellerai en même temps : Papa ! Maman !, comme deux noms collés papamaman, un début de phrase, mon premier mot.
Tout le monde guette le faux pas, le moment où on va tomber, on marche sur du savon, oui, on a des vies savonnées, c'est ce que je pense.
C'est étrange comme il suffit d'un rien pour qu'une vie se désaccorde, elle aussi, que notre existence, tellement unique, si précieuse, perde son harmonie et sa valeur. Comme si elle était faite d'air, et rien que de cela.
C'est l'avantage de la foule : on vous y voit et on vous y oublie aussi.
Lucie parle avec ses belles-soeurs, il est simple d'avoir l'air de s'entendre quand on parle entre femmes bien élevées, cela va tout seul, c'est l'art de la conversation.
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Il était ému depuis toujours par les taches de rousseur que le soleil faisait apparaitre sur son visage, elle ne comprenait pas pourquoi.
Ce qu'elle aurait aimé, dans cette solitude qui en augurait une autre, c'est d'entendre la mer. Entendre la mer sans la voir et lui accorder le pouvoir de porter en elle le souffle de tous ceux qu'elle aimait sans le leur dire jamais.
Lors de ces week-ends entre amis, à force d'être une personne conciliante et gentille, toujours surgissait en elle à un moment ou un autre l'envie de s'éclipser. Ne plus parler. Ne plus écouter. Ne plus comprendre.
Et le bruit si proche de la mer qui, imperceptiblement par vagues discrètes, se retirait, comme un témoin qui sort à reculons et dont on ne se rendra compte de l'absence que par le silence que cela fait.