La peur est un envahissement. Avec elle, on est cloué au sol.

À lire aussi de Véronique Olmi

Lucie parle avec ses belles-soeurs, il est simple d'avoir l'air de s'entendre quand on parle entre femmes bien élevées, cela va tout seul, c'est l'art de la conversation.
Parfois l'amour est partagé. Et on peut bâtir son propre monde. Parfois l'amour, les mots mêmes de l'amour, sont impossibles. Et la vie demeure cette traversée idiote, pleine d'horaires et de faux amis. Et même la musique est une cruauté.
Pour elle, tout était signe, tout était relié, les êtres, les choses, les dates et les lieux, tout se tenait, et parfois à force de se tenir, les signes formaient des entraves et elle avait l'impression d'être bloquée contre un mur.
Il y a partout autour de lui des vérités qu'il ignore, des évidences qu'il ne soupçonne même pas, et des êtres prédestinés, à qui il n'a pas encore fait attention.
Et c'est là que j'ai réalisé que plus jamais je ne verrai mes parents ensemble. Plus jamais je ne les verrai côte à côte, plus jamais je n'appellerai en même temps : Papa ! Maman !, comme deux noms collés papamaman, un début de phrase, mon premier mot.
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Dans la même œuvre

C'est étrange comme il suffit d'un rien pour qu'une vie se désaccorde, elle aussi, que notre existence, tellement unique, si précieuse, perde son harmonie et sa valeur. Comme si elle était faite d'air, et rien que de cela.
Marcher dans Paris c'est franchir plusieurs frontières, un pont, un boulevard, et tout change, le paysage et les habitants.
Est-ce qu'il y a une douleur à comprendre que notre vie ne dépend que de nous, que nous ne tomberons pas si nous lâchons la main de l'autre, comme ces plantes trop hautes qui s'effondrent sans leur tuteur ?
On a souvent cette impression que les lieux meurent quand on les quitte.
C'est l'avantage de la foule : on vous y voit et on vous y oublie aussi.