Auteur

Paul Éluard

Tu es venue j'étais triste j'ai dit oui - C'est à partir de toi que j'ai dit oui au monde.
Que voulez-vous la nuit était tombée - Que voulez-vous nous nous sommes aimés.
Réunis, chaque fois à jamais réunis, ta voix comble tes yeux comme l'écho comble le ciel du soir. Je descends vers les rivages de ton apparence.
Adieu tristesse - Bonjour tristesse - Tu es inscrite dans les lignes du plafond - Tu es inscrite dans les yeux que j'aime.
Rampe des mois d'hiver, jour pâle d'insomnie, mais aussi, dans les chambres les plus secrètes de l'ombre, la guirlande d'un corps autour de sa splendeur.
Si je m'endors, c'est pour ne plus rêver.
Le soir. La mer n'a plus de lumières et, comme aux temps anciens, tu voudrais dormir dans la mer.
Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort.
Sur la pente fatale, le voyageur profite - De la faveur du jour, verglas et sans cailloux.
Par les fentes de ton sourire s'envole un animal hurleur. Qui ne jouit que dans les hauteurs.
Passage où la vue détourne d'un coup la pensée - Une ombre s'agrandit cherche son univers - Et tombe horizontalement - Dans le sens de la marche.
Les regards dans les rênes du coursier, - Délivrant le bercement des palmes de mon sang, - Je découvre soudain le raisin des façades couchées sur le soleil, - Fourrure du drapeau des détroits insensibles.
L'image d'homme rêve, mais plus rien n'est accroché à ses rêves que la nuit sans rivale.
Le coeur de l'homme ne rougira plus, il ne se perdra plus, je reviens de moi-même, de toute éternité.
Silence. - Le silence éclatant de ses rêves - Caresse l'horizon.
O régicide ! ton corset appartient aux mignons - Et aux mignonnes de toutes sortes. - Ta chair simple s'y développe, - Tu t'y pourlèches dans la pourpre, ô nouveau médiateur !
Comme le jour dépend de l'innocence - Le monde entier dépend de tes yeux purs - Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Je sors au bras des ombres, Je suis au bas des ombres, Seul.
La peur en loques perce les murs.
Inconnue, elle était ma forme préférée, - Celle qui m'enlevait le souci d'être un homme, - Et je la vois et je la perds et je subis - Ma douleur, comme un peu de soleil dans l'eau froide.
Le soir, la noblesse est partie de ce ciel. Ici, tout se blottit dans un feu qui s'éteint.
Le soir, la mer n'a plus de lumière et, comme aux temps anciens, tu pourrais dormir dans la mer.
La faim couverte d'immondices - Etreint le fantôme du blé.
L'on vit de ce qu'on n'apprend pas - Comme une abeille dans un obus - Comme un cerveau tombant de haut - De plus haut.
Tout au sérieux, celui qui ne paie pas les dégâts - Jongle avec ton trousseau, reine des lavandes.

Œuvres de Paul Éluard

152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 10152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 100152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 101152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 102152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 103152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 104152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 105152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 106152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 107152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 108152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 109152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 11152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 110152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 111152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 112152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 113152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 114152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 115152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 116152 Proverbes mis au goût du jour (1925), 117