Œuvre
Donner à voir (1939)
Le lecteur d'un poème l'illustre forcément. Il boit à la source. Ce soir, sa voix a un autre son, la chevelure qu'il aime s'aère ou s'alourdit.
Entre tous les hommes, ces figures géométriques, ces signes cabalistiques: homme, femme, statue, table, guitare, redeviennent des hommes, des femmes, des statues, des tables, des guitares.
Tu es trop belle pour prêcher la chasteté.
On a pu penser que l'écriture automatique rendait les poèmes inutiles. Non: elle augmente, développe seulement le champ de l'examen de conscience poétique, en l'enrichissant.
Figurer tel homme, telle femme, mais non pas l'homme, ni la femme.
Le poète, lui, pense toujours à autre chose. L'insolite lui est familier, la préméditation inconnue.
L'écriture automatique ouvre sans cesse de nouvelles portes sur l'inconscient et, au fur et à mesure qu'elle le confronte avec la conscience, avec le monde, elle en augmente le trésor.
Notre amour c'est l'amour de la vie, le mépris de la mort.