Œuvre
Capitale de la douleur (1926)
Toute ma vie t'écoute et je ne peux détruire - Les terribles loisirs que ton amour me crée.
Sur la pente fatale, le voyageur profile - De la faveur du jour, verglas et sans cailloux, - Et les yeux bleus d'amour, découvre sa saison - Qui porte à tous les doigts de grands astres en bague.
Le désespoir n'a pas d'ailes, - L'amour non plus.
Rampe des mois d'hiver, jour pâle d'insomnie, mais aussi, dans les chambres les plus secrètes de l'ombre, la guirlande d'un corps autour de sa splendeur.
Si je m'endors, c'est pour ne plus rêver.
Le soir. La mer n'a plus de lumières et, comme aux temps anciens, tu voudrais dormir dans la mer.
Sur la pente fatale, le voyageur profite - De la faveur du jour, verglas et sans cailloux.
Par les fentes de ton sourire s'envole un animal hurleur. Qui ne jouit que dans les hauteurs.
Les regards dans les rênes du coursier, - Délivrant le bercement des palmes de mon sang, - Je découvre soudain le raisin des façades couchées sur le soleil, - Fourrure du drapeau des détroits insensibles.
Silence. - Le silence éclatant de ses rêves - Caresse l'horizon.
O régicide ! ton corset appartient aux mignons - Et aux mignonnes de toutes sortes. - Ta chair simple s'y développe, - Tu t'y pourlèches dans la pourpre, ô nouveau médiateur !
Comme le jour dépend de l'innocence - Le monde entier dépend de tes yeux purs - Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Je sors au bras des ombres, Je suis au bas des ombres, Seul.
La peur en loques perce les murs.
Tout au sérieux, celui qui ne paie pas les dégâts - Jongle avec ton trousseau, reine des lavandes.
J'ai rencontré la jeunesse. - Toute nue aux lis de satin bleu, - Elle riait du présent, mon bel esclave.
Elle est plus belle que les figures des gradins, - Elle est plus dure, - Elle est en bas avec les pierres et les ombres. - Je l'ai rejointe.
La vertu se fait l'aumône de ses seins - Et la grâce s'est prise dans les filets de ses paupières.