Auteur

Nicolas Boileau-Despréaux

Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, - Aller piller le miel que l'abeille distille.
Au contraire, cet autre, abject en son langage, - Fait parler les bergers comme on parle au village.
Dès que j'y veux rêver, ma veine est aux abois.
Justement confus de mon peu d'abondance, Je me fais un chagrin du bonheur de la France.
Souvent trop d'abondance appauvrit la matière.
Fuyez de ces auteurs l'abondance stérile, - Et ne vous chargez pas d'un détail inutile.
Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue.
Nous pourrons rire à l'aise, et prendre du bon temps.
Je lis la Bible autant que l'Alcoran.
La vieillesse chagrine incessament amasse - Garde non pas pour soi les trésors qu'elle entasse ...
Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.
Aussitôt je triomphe; et ma muse en secret - S'estime et s'applaudit du beau coup qu'elle a fait.
Le plus mauvais plaisant eut ses approbateurs.
L'argent, l'argent, dit-on, sans lui tout est stérile: - La vertu sans l'argent n'est qu'un meuble inutile; - L'argent en honnête homme érige un scélérat ...
Aussitôt maint esprit fécond en rêveries, - Inventa le blason avec les armoiries.
Dans les ouvrages de l'art c'est le travail et l'achèvement que l'on considère, au lieu que dans les ouvrages de la nature, c'est le sublime et le prodigieux.
Il n'est point de serpent ni de monstre odieux, - Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux, - D'un pinceau délicat l'artifice agréable - Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent
Entre vivre et accepter de vivre, il y a un fossé.
Du langage français bizarre Hermaphrodite, - De quel genre te faire, équivoque maudite?
J'entends crier partout: Au meutre! on m'assassine!
L'un et l'autre, à mon sens, ont le cerveau troublé.
Un laquais effronté - M'apporte un rouge-bord d'un auvernat fumeux.
Que vous sert-il qu'un jour l'avenir vous estime?
La ballade, asservie à ses vieilles maximes, - Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes.

Œuvres de Nicolas Boileau-Despréaux

A Louis XIV qui lui montrait des poèmes qu'il venait d'écrire.Art poétiqueChanson A Boire I, Poésie de Nicolas BoileauDiscours au roiEpigramme sur Claude PerraultEpigrammes, 1687Epigrammes, Après la représentation d'Attila de Corneille.Epître IX à M. le marquis de SeignelayEpîtres (1669-1695)Epîtres (1669-1695), IIIEpîtres (1669-1695), IV, Au roiEpîtres (1669-1695), IXEpîtres (1669-1695), IX, A M. le marquis de SeignelayEpîtres (1669-1695), IX, au marquis de SeignelayEpîtres (1669-1695), VEpîtres (1669-1695), V, A M. de GuilleraguesEpîtres (1669-1695), VIEpîtres (1669-1695), VII, A M. RacineEpîtres (1669-1695), VII, à M. Jean RacineEpîtres (1669-1695), VIII