L'honneur de le louer m'est un trop digne prix.
Auteur
Nicolas Boileau-Despréaux
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Tout les jours à la cour, un sot de qualité - Peut juger de travers avec impunité, - A Malherbe, à Racan, préférer Théophile, - Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile.
Ma muse en l'attaquant, charitable et dicrète, - Sait de l'homme d'honneur distinguer le poète.
Prends-moi le bon parti: laisse là tous les livres.
En vain contre le Cid un ministre se ligue - Tout Paris a pour Chimène les yeux de Rodrigue - L'Académie en corps a beau le censurer, - Le public révolté s'obstine à l'admirer.
C'est une précieuse. - Reste de ces esprits jadis si renommés, - Que d'un coup de son art Molière a diffamés.
La critique littéraire ou artistique en vain contre le Cid un Ministre se ligue, - Tout Paris pour Chimène a les yeux de Rodrigue.
Ton oncle, dis-tu, l'assassin - M'a guéri d'une maladie: - La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, - C'est que je suis encore en vie.
Et que sert à Cotin la raison qui lui crie: - N'écris plus, guéris-toi d'une vaine furie; - Si tous ces vains conseils, loin de le réprimer, - Ne font qu'accroître en lui la fureur de rimer?
Des sottises d'autrui nous vivons au Palais. - Messieurs, l'huître était bonne. Adieu. Vivez en paix.
Des sottises du temps je compose mon fiel.
Que les vins deviennent pour moi vins de Brie.
Allez, vieux fou, allez apprendre à boire, - On est savant quand on boit bien ; - Qui ne sait boire ne sait rien.
On peut encore trouver quelque femme fidèle , - Sans doute, et dans Paris , si je sais bien compter , - Il en est jusqu'à trois que je pourrais citer.
Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, - D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir.
Un éloge imposteur blesse une âme sincère.
Sire, rien n'est impossible à Votre Majesté. Votre Majesté a sans doute voulu écrire de mauvais vers, et Elle a réussi.
On s'ennuie aux exploits d'un conquérant vulgaire.
Le vice, toujours sombre, aime l'obscurité.
J'aime mieux Bergerac et sa burlesque audace - Que ces vers où Motin se morfond et nous glace.
Qu'heureux est le mortel, qui du monde ignoré, - Vit content de soi-même en un coin retiré, - Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée - N'a jamais enivré d'une vaine fumée!
Ce que l'on conçoit bien s’énonce clairement, - Et les mots pour le dire arrivent aisément
Finissons; mais demain, muse, a recommencer.
La nature, féconde en bizarres portraits, - Dans chaque âme est marquée à de différents traits.
Les livres sur Evrard fondent comme la grêle - Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, - Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux.
Œuvres de Nicolas Boileau-Despréaux
A Louis XIV qui lui montrait des poèmes qu'il venait d'écrire.Art poétiqueChanson A Boire I, Poésie de Nicolas BoileauDiscours au roiEpigramme sur Claude PerraultEpigrammes, 1687Epigrammes, Après la représentation d'Attila de Corneille.Epître IX à M. le marquis de SeignelayEpîtres (1669-1695)Epîtres (1669-1695), IIIEpîtres (1669-1695), IV, Au roiEpîtres (1669-1695), IXEpîtres (1669-1695), IX, A M. le marquis de SeignelayEpîtres (1669-1695), IX, au marquis de SeignelayEpîtres (1669-1695), VEpîtres (1669-1695), V, A M. de GuilleraguesEpîtres (1669-1695), VIEpîtres (1669-1695), VII, A M. RacineEpîtres (1669-1695), VII, à M. Jean RacineEpîtres (1669-1695), VIII