Œuvre

Satires (1660-1711), VIII

De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, - Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, - De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, - Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme.
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible.
Et que sert à Cotin la raison qui lui crie: - N'écris plus, guéris-toi d'une vaine furie; - Si tous ces vains conseils, loin de le réprimer, - Ne font qu'accroître en lui la fureur de rimer?
Son coeur, toujours flottant entre mille embarras, - Ne sait ni ce qu'il veut ni ce qu'il ne veut pas.
Voilà l'homme en effet. Il va du blanc au noir: Il condamne au matin ses sentiments du soir.
L'or même à la laideur donne un teint de beauté: - Mais tout devient affreux avec la pauvreté.
L'homme seul, l'homme seul, en sa fureur extrême - Met un brutal honneur à s'égorger soi-même.