Auteur

Jean-Louis Fournier

L'enfant est un cadeau de Dieu, il tombe du ciel. Comme les tuiles.
Sectaire, ça commence comme sécateur, ça coupe. Ca coupe des parents, ça coupe des amis, ça coupe du monde professionnel, ça coupe du monde tout court.
Oscar Wilde a écrit que le cerveau de celui qui n'a que des certitudes arrête de fonctionner, croire est tellement médiocre. Je ne veux pas que son cerveau arrête de fonctionner. Un cerveau en marche cherche à comprendre et, forcément, il doute.
Aimer n'est pas un verbe pour tous les jours. C'est un verbe fragile, on a très rarement l'occasion de l'utiliser. Comme le service en cristal de bonne-maman. On le garde précieusement dans le buffet de la salle à manger.
Ils en avaient marre les enfants d'ouvrir leurs cadeaux. Il y en avait trop. Nous sommes les enfants gâtés et gavés qui à Noël n'ouvrent plus leurs cadeaux.
Quand je pense que je suis l'auteur de ses jours, des jours terribles qu'il a passés sur Terre, que c'est moi qui l'ai fait venir, j'ai envie de lui demander pardon.
Quand on a reçu un don, on a des obligations. Souviens-toi de la parabole des talents dans l'Evangile. Tu imagines la tête du père de Mozart si, à vingt ans, Wolfgang lui avait dit : J'arrête la musique, je voudrais être footballeur ?
Tout ce que les machines compliquées de la Salpêtrière n'ont pas réussi à faire, moi, je le fais avec des mots. Je te réanime.
Devant le malheur, on n'est jamais à la même place. Comme au théâtre, il y a ceux qui sont au premier rang, aux places les plus chères, et ceux qui sont derrière. On ne peut pas être malheureux à la place de quelqu'un.
On dit bêtement heureux. C'est pas si bête d'être heureux.
Quand on n'a pas eu de chance, il faut avoir le physique de l'emploi, prendre l'air malheureux, c'est une question de savoir-vivre.
Elle a été ma cale, elle m'a empêché de tomber, je me suis tenu droit à ses côtés. Elle m'a décapé, elle m'a poli, elle m'a fait briller. En échange, je l'ai fait rire. Pleurer aussi.
J'étais toujours sidéré de voir dans les restaurants des couples qui ne se disaient pas un mot, sauf, quelquefois, passe-moi le sel.
Avec mes enfants, on ne craint jamais de se répéter, ils oublient tout. Avec eux, jamais de lassitude, ni d'habitude, ni d'ennui. Rien ne se démode, tout est nouveau.
On était complémentaires, j'avais les défauts, elle avait les qualités. C'était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste.
Depuis que la rayonnante Sylvie s'est éteinte, il fait sombre dans la maison, je vis dans la pénombre. J'ai eu beau changer les ampoules, j'ai eu beau en mettre des plus puissantes avec plein de watts, il fait toujours sombre.
Tu rangeais tout et je ne retrouvais rien. Aujourd'hui, je n'ai plus rien à perdre.
Les journées sont longues depuis le 12 novembre. J'aurais dû récupérer tes cendres, faire un grand sablier pour les mettre dedans, je t'aurais regardé passer le temps.
Quand je parle de mes enfants, je dis qu'ils ne sont pas comme les autres. Ça laisse planer un doute. Einstein, Mozart, Michel-Ange n'étaient pas comme les autres.
Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort, je crois que c'est héréditaire.
Il paraît que les malheurs arrivent à ceux qui ne s'y attendent pas, à ceux qui n'y pensent pas. Alors, pour que ça n'arrive pas, on y a pensé...
C'est étrange, les gens n'osent pas parler de bonheur à celui qui vient d'avoir un grand malheur.
Chaque seconde sur Terre, une femme met un enfant au monde... Il faut absolument la retrouver et lui dire qu'elle arrête, a ajouté l'humoriste.
Il y a aussi ceux qui disent : L'enfant handicapé est un cadeau du ciel. Et ils ne le disent pas pour rire. Ce sont rarement des gens qui ont des enfants handicapés. Quand on reçoit ce cadeau, on a envie de dire au Ciel : Oh ! fallait pas...
Quand papa il était petit, il avait aussi renoncé à Satan et à ses pompes, mais je crois que Satan il a jamais renoncé à papa.

Œuvres de Jean-Louis Fournier

Ca m'agace (2012)Grammaire française et impertinenteHistoires pour distraire ma psy (2007)Il a jamais tué personne mon papa (1999)J'irai pas en enfer (2001)La Servante du Seigneur (2013)Le Petit Meaulnes (2003)Les mots des riches, les mots des pauvres (2004)Mon dernier cheveu noir (2006)Mouchons nos morveux (2002)Où on va, papa ? (2008)Où on va, papa ? (2008)Où on va, papa? (2008)Poète et paysan (2010)Trop (2014)Veuf (2011)