Auteur

Jean-Louis Fournier

En pauvre, Fauchon se dit ED.
Le bébé qui gazouille peut devenir, à quinze ans, l'adolescent qui zigouille.
L'enfant est un placement à long terme sans intérêt dont on perd le capital au bout de trente années.
Les plus beaux arbres ne donnent pas forcément les plus beaux fruits. Regardez le chêne. Il donne des glands.
Les mots bonne journée sont des mots qu'on a usés, qui n'ont plus de sens, plus de goût, comme les escalopes de dinde industrielle du supermarché. ... Si vous avez envie que je passe une bonne journée, ne dîtes rien. Souriez-moi.
Un vrai humoriste ne rit pas, il fait rire. Le public, qui n'est pas aussi bête qu'il le pense, n'a plus besoin de rire si l'humoriste a ri avant lui. En riant, il commet une faute professionnelle.
L'ingénieur qui a conçu la poubelle à roulettes a dû se poser la question suivante: comment faire le plus de bruit possible avec une poubelle?
Les plus dangereux pour la jeunesse sont les vieux cons.
Les petits bonheurs de tous les jours, il n'en veut pas. Il lui faut le grand bonheur. Il n'a pas encore compris que le grand bonheur, c'est justement fait avec tous les petits bonheurs mis bout à bout.
On ne se moque bien que de ce qu'on aime.
Etre heureux ne devrait être conjugué qu'à la première personne du singulier et par le principal intéressé. Il n'y a que lui qui sait s'il est heureux ou pas.
Conclure que quelqu'un est heureux est toujours très risqué. On peut avoir tout pour être heureux sauf le bonheur.
Je connais des gens heureux qui ont l'air triste et des gens malheureux qui plaisantent toujours. S'ils plaisantent, c'est peut-être pour être moins malheureux. L'humour est un antalgique, on l'utilise quand on a mal.
Quand on a reçu un don, on a des obligations. Souviens-toi de la parabole des talents dans l'Evangile. Tu imagines la tête du père de Mozart si, à vingt ans, Wolfgang lui avait dit J'arrête la musique, je voudrais être footballeur ?
Pourquoi le bonheur, on le reconnaît seulement au bruit qu'il fait en partant ?
J'ai été amputé de toi sans anesthésie. On m'a retiré ma moitié, ce que j'avais de mieux.
Quand vous êtes malheureux, on dirait que la société souhaite que vous le restiez. Définitivement.
L'humour est un antalgique, on l'utilise quand on a mal.
Je déteste l'imparfait de l'indicatif. Parfois, même, il m'arrive de ne plus aimer le présent.
Je dois être entré dans la phase de cristallisations des souvenirs, dont parte Stendhal. Mes souvenirs continuent à briller comme les étoiles mortes. Le passé me semble parfait, le futur n'est pas très sur, je préfère conjuguer l'irréel du présent.
Peut-être qu'à la différence des piles, les sentiments s'usent quand on ne s'en sert pas.
La conversion, c'est un brutal éblouissement. Après un éblouissement, on ne voit plus clair, on est aveuglé, on se retrouve dans le noir, comme les lièvres éblouis par les phares d'une automobile.
L'humour bleu ciel et rose bonbon, ça n'existe pas. L'humour c'est noir.
L'humour, c'est une parade, un baroud d'honneur devant la cruauté, la désolation, la difficulté de l'existence.
Si Dieu n'avait pas créé les pommes, Cézanne était condamné à peindre des compotiers vides.

Œuvres de Jean-Louis Fournier

Ca m'agace (2012)Grammaire française et impertinenteHistoires pour distraire ma psy (2007)Il a jamais tué personne mon papa (1999)J'irai pas en enfer (2001)La Servante du Seigneur (2013)Le Petit Meaulnes (2003)Les mots des riches, les mots des pauvres (2004)Mon dernier cheveu noir (2006)Mouchons nos morveux (2002)Où on va, papa ? (2008)Où on va, papa ? (2008)Où on va, papa? (2008)Poète et paysan (2010)Trop (2014)Veuf (2011)