Chaque minute me prouve la différence qui existe entre les autres et toi.
Nos fées nous entourent et nous aiment. On peut bien ouvrir et lire nos lettres. On n'y trouvera que des exemples de droiture et le dégoût des combines.
Les rêves sont la littérature du sommeil. Même les plus étranges composent avec des souvenirs. Le meilleur d'un rêve s'évapore le matin. Il reste le sentiment d'un volume, le fantôme d'une péripétie, le souvenir d'un souvenir, l'ombre d'une ombre.
Un conseil : Laisse les princes s'arranger avec les princes, les fantômes avec les fantômes, et les soldats avec les soldats.
Aimer, c'est d'être aimé. C'est remplir une existence d'inquiétude. Hélas ! n'être plus essentiel à l'autre, voilà notre torture.
La France a toujours cru que l'égalité consistait à trancher tout ce qui dépasse.
Apprendrez-vous jamais à ne pas regarder en arrière ? A ce petit jeu, il y en a qui se changent en statues de sel.
On doit croire en sa chance, sinon comment expliquer le succès de ceux qu'on n'aime pas.
Surtout il fallait, coûte que coûte, revenir à cette réalité de l'enfance, réalité grave, héroïque, mystérieuse, que d'humbles détails alimentent et dont l'interrogatoire des grandes personnes dérange brutalement la féérie.
Les privilèges de la beauté sont immenses. Ils agissent même sur ceux qui ne la constatent pas.
Si je n'étais pas reine, je serais anarchiste. En somme je suis une reine anarchiste. C'est ce qui fait que la cour me dénigre et c'est ce qui fait que le peuple m'aime.
Le rêve est la forme sous laquelle toute créature vivante possède le droit au génie, à ses imaginations bizarres, à ses magnifiques extravagances.
De même que l'homme ne lit pas, mais se lit, il ne regarde pas, il se regarde.
Quels sont mes vrais héros ? Des sentiments. Des figures abstraites qui n'en vivent pas moins et dont les exigences sont extrêmes.
Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi
Les poètes ne sont que les domestiques d'une force qui les habite, d'un maître qui les emploie et dont ils ne connaissent même pas le visage qui n'est peut-être que le leur
J'ai grande crainte des personnes qui ne savent pas rire. J'ai toujours aimé ces fou-rires qui montrent l'âme grande ouverte. Je ferme les yeux. J'entends des fou-rires. Un arbre secoué par le rire lâche ses fruits et ses oiseaux
L'homme est un infirme, prisonnier de ses dimensions. Sa noblesse est d'avoir admis son infirmité et d'être parfois pareil à un paralytique rêvant qu'il court
Lorsque j'admire un peintre, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas de la peinture. » Lorsque j'admire un musicien, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas de la musique. » Lorsque j'admire un dramaturge, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas du théâtre. » Lorsque j'admire un sportif, on me dit : « Soit, mais ce n'est pas du sport. » Et ainsi de suite. Mais alors, demandais-je : « Qu'est-ce que c'est ? » Mon interlocuteur hésite, l'œil dans le vague et murmure : « Je ne sais pas... C'est autre chose. » J'ai fini par comprendre que cet autre chose était, somme toute, la meilleure définition de la poésie
Elle vit comme tout le monde en étant comme personne.
J'ai dit quelque part que je savais mieux faire l'amitié que l'amour. L'amour est à base de spasmes brefs. Si ces spasmes nous déçoivent l'amour meurt.
Je voudrais dire la vérité. J'aime la vérité. Mais elle ne m'aime pas. Voilà la vérité vraie : la vérité ne m'aime pas. Dès que je la dis, elle change de figure et se retourne contre moi. J'ai l'air de mentir et tout le monde me regarde de travers. Et pourtant je suis simple et je n'aime pas le mensonge. Je le jure.
La vérité ne m'aime pas. Dès que je la dis, elle change de figure et se retourne contre moi. J'ai l'air de mentir et tout le monde me regarde de travers. Et pourtant je suis simple et je n'aime pas le mensonge. Je le jure.
Le mensonge attire toujours des ennuis épouvantables et on se prend les pieds dedans et on trébuche et on tombe et tout le monde se moque de vous.
Si on me demande quelque chose, je veux répondre ce que je pense. Je veux répondre la vérité. La vérité me démange. Mais alors, je ne sais pas ce qui se passe. Je suis pris d'angoisse, de crainte, de la peur d'être ridicule et je mens. Je mens. C'est fait. Il est trop tard pour revenir là-dessus. Et une fois un pied dans le mensonge, il faut que le reste passe
Œuvres de Jean Cocteau
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