Auteur

Gustave Le Bon

L'avenir étant toujours chargé de passé pour prévoir, c'est-à-dire voir en avant, il faut d'abord regarder en arrière.
Les problèmes modernes peuvent être comparés à ceux que posait le sphinx de la légende antique il faut les résoudre ou être dévoré.
Les principes directeurs capables de guider un peuple n'ont pas besoin d'être nombreux, il suffit qu'ils soient forts et universellement respectés.
Dans la vie politique, comme dans la via individuelle, les préoccupations formulées sont beaucoup moins importantes que celles qui ne se formulent pas.
Un gouvernement n'est pas le créateur d'une époque, mais sa création.
Une politique ne tenant compte que de l'heure présente est toujours d'ordre inférieur.
Les gouvernements périssent beaucoup plus par leurs fautes que par les attaques de leurs ennemis.
Un pouvoir trop discuté n'est bientôt plus un pouvoir respecté.
Une responsabilité morcelée devient vite de l'irresponsabilité.
On peut séparer la religion de la morale, mais la morale et la politique sont inséparables.
Un homme d'Etat sans prévoyance est un créateur de fatalités désastreuses.
L'âme ancestrale d'un peuple domine toute son évolution. Les bouleversements politiques ne modifient que l'expression de cette âme.
Les grands courants sociaux ne se remontant pas, la sagesse consiste à tâcher de les dévier lentement.
Loin d'être la source d'une évolution politique, une institution en réprésente simplement le terme.
Les législateurs voteraient bien peu de lois, s'ils pouvaient embrasser d'un coup d'oeil leurs lointaines conséquences.
Il est impossible de prévoir les incidences des mesures en apparence les plus sages. C'est pourquoi la manie des grandes réformes est souvent si dangereuse pour un peuple.
L'homme supérieur sait utiliser la fatalité, comme le marin utilise le vent, quelle que soit sa direction.
L'humanitarisme et la peur constituent les plus puissants facteurs de dissociation des peuples. Ces sentiments sont sans excuse pour qui prétend gouverner.
Les concessions n'empêchent pas les batailles devenues nécessaires. En les retardant, elles les rendent simplement plus coûteuses et plus dures.
Un gouvernement qui pactise sans cesse avec l'émeute périt par l'émeute.
Les peuples possédant beaucoup de canons ont seuls le droit et le pouvoir d'être pacifistes.
Une société est un équilibre de forces contraires qu'il faut toujours maintenir. Le jour où l'équilibre est rompu, l'anarchie commence.
Quand le parti de l'ordre faiblit pendant que celui de l'anarchie grandit, c'est l'anarchie qui finit par triompher.
Un peuple qui réclame sans cesse l'égalité est souvent bien près de réclamer la servitude.
C'est en créant des freins sociaux puissants que les peuples sortent de la barbarie, c'est en les brisant qu'ils y retournent.

Œuvres de Gustave Le Bon

Aphorismes du temps présentAphorismes du temps présent (1913)Bases scientifiques d'une philosophie de l'histoire (1931)Hier et DemainHier et demain. Pensées brèves (1918)L'Homme et les sociétés - Leurs origines et leur histoire (1881)L'évolution de la matière (1905)La Civilisation des Arabes (1884)La Révolution française et la psychologie des révolutions (1912)La vie (Traité de physiologie humaine) (1874)Le Déséquilibre du monde (1923)Les Civilisations de l'Inde (1893)Les Incertitudes de l'heure présenteLes Incertitudes de l'heure présente (1923)Les Incertitudes de l'heure présente (1924)Les Opinions et les CroyancesLes Opinions et les croyances (1911)Lois psychologiques de l'évolution des peuples (1894)Psychologie des foules (1895)Psychologie des temps nouveaux (1920)