Les grands courants sociaux ne se remontant pas, la sagesse consiste à tâcher de les dévier lentement.

À lire aussi de Gustave Le Bon

La mentalité grégaire des foules permettra toujours aux meneurs d'imposer une doctrine quelconque. Les plus absurdes croyances ne manquèrent jamais d'adeptes.
Le monde est-il réel ou irréel, fini ou infini, créé ou incréé, éphémère ou éternel? La science n'entrevoit pas le moment où elle pourra répondre à une seule de ces questions.
Une éducation capable d'accroître le jugement et la volonté est parfaite, quelles que soient les choses enseignées. Avec ces seules qualités, l'homme sait orienter sa destinée. Mieux vaut comprendre qu'apprendre.
Quels que soient les sentiments, bons ou mauvais, manifestés par une foule, ils présentent ce double caractère d'être très simples et très exagérés. Sur ce point, comme sur tant d'autres, l'individu en foule se rapproche des êtres primitifs. Inaccessible aux nuances, il voit les choses en bloc et ne connaît pas les transitions... La simplicité et l'exagération des sentiments des foules font que ces dernières ne connaissent ni le doute ni l'incertitude. Elles vont tout de suite aux extrêmes. Le soupçon énoncé se transforme aussitôt en évidence indiscutable. Un commencement d'antipathie ou de désapprobation, qui, chez l'individu isolé, ne s'accentuerait pas, devient aussitôt haine féroce chez l'individu en foule
Les maîtres des peuples n'ont pas seulement à régir les vivants, il leur faut tenir compte aussi de l'impérieuse volonté des morts.
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Dans la même œuvre

La pensée sans action est un vain mirage, l'action sans pensée un vain effort.
Les propositions admises sans discussion deviennent rarement des mobiles d'action.
En matière de sentiment, l'illusion crée vite la certitude.
L'homme ne possède que deux certitudes absolues: le plaisir et la douleur. Elles orientent toute sa vie individuelle et sociale.
L'hypothèse est une croyance souvent prise pour une connaissance.