Auteur

Gustave Le Bon

Beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens.
Ce n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde.
Chez beaucoup d'hommes, la parole précède la pensée. Ils savent seulement ce qu'ils pensent après avoir entendu ce qu'ils disent.
L'amitié est plus souvent une porte de sortie qu'une porte d'entrée de l'amour.
L'amour craint le doute, cependant il grandit par le doute et périt souvent de la certitude.
La compétence sans autorité est aussi impuissante que l'autorité sans compétence.
La libre pensée ne constitue souvent qu'une croyance, qui dispense de la fatigue de penser.
Les gens vertueux se vengent souvent des contraintes qu'ils s'imposent par l'ennui qu'ils inspirent.
Les révolutions n'ont généralement pour résultat immédiat qu'un déplacement de servitude.
Les volontés précaires se traduisent par des discours, les volontés fortes par des actes.
Si l'athéisme se propageait, il deviendrait une religion aussi intolérable que les anciennes.
Un délit généralisé devient bientôt un droit.
L'âge moderne représente le triomphe de la médiocrité collective.
Pour progresser, il ne suffit pas de vouloir agir, il faut d'abord savoir dans quel sens agir.
L'anarchie est partout quand la responsabilité n'est nulle part.
Napoléon disait, à Sainte-Hélène, que la destinée d'un pays dépend parfois d'un seul jour. L'Histoire justifie cette assertion, mais montre aussi qu'il faut généralement beaucoup d'années pour préparer ce jour.
Un dictacteur n'est qu'une fiction. Son pouvoir se dissémine en réalité entre de nombreux sous-dictateurs anonymes et irresponsables dont la tyrannie et la corruption deviennent bientôt insupportables.
Les divergenges intellectuelles se supportent et une raison faible s'incline facilement devant une raison forte. Les divergences sentimentales, au contraire, ne se tolèrent pas. La violence seule les fait céder.
On ne fait pas le droit, il se fait. Cette brève formule contient toute son histoire.
Une des sources les plus fréquentes d'erreur est de prétendre expliquer avec la raison des actes dictés par des influences affectives ou mystiques.
La leçon des faits n'instruit pas l'homme prisonnier d'une croyance ou d'une formule.
Le monde moderne se croyait soustrait à l'influence des forces mystiques. Jamais pourtant l'humanité n'y fut plus asservie. Ce sont elles qui mirent l'Europe en feu.
On ne discute pas plus avec les croyances qu'avec les cyclones.
Les hommes de génie font la grandeur intellectuelle d'une nation mais rarement sa puissance.
La guerre révèle à un peuple ses faiblesses, mais aussi ses vertus.

Œuvres de Gustave Le Bon

Aphorismes du temps présentAphorismes du temps présent (1913)Bases scientifiques d'une philosophie de l'histoire (1931)Hier et DemainHier et demain. Pensées brèves (1918)L'Homme et les sociétés - Leurs origines et leur histoire (1881)L'évolution de la matière (1905)La Civilisation des Arabes (1884)La Révolution française et la psychologie des révolutions (1912)La vie (Traité de physiologie humaine) (1874)Le Déséquilibre du monde (1923)Les Civilisations de l'Inde (1893)Les Incertitudes de l'heure présenteLes Incertitudes de l'heure présente (1923)Les Incertitudes de l'heure présente (1924)Les Opinions et les CroyancesLes Opinions et les croyances (1911)Lois psychologiques de l'évolution des peuples (1894)Psychologie des foules (1895)Psychologie des temps nouveaux (1920)