Dans le régime démocratique, les chefs sont souvent plus disposés à obéir qu'à commander. Ils finissent ainsi par perdre tout prestige.
❧
Il est impossible de prévoir les incidences des mesures en apparence les plus sages. C'est pourquoi la manie des grandes réformes est souvent si dangereuse pour un peuple.
◆
À lire aussi de Gustave Le Bon
Un gouvernement qui pactise sans cesse avec l'émeute périt par l'émeute.
On ne discute pas plus avec les croyances des foules qu'avec les cyclones.
Ce ne sont donc pas les faits en eux-mêmes qui frappent l'imagination populaire, mais bien la façon dont ils sont répartis et présentés. Il faut que par leur condensation, si je puis m'exprimer ainsi, ils produisent une image saisissante qui remplisse et obsède l'esprit. Qui connaît l'art d'impressionner l'imagination des foules connaît aussi l'art de les gouverner
Refuser d'obéir à un chef, à une loi, à une croyance, en un mot à une contrainte, c'est se condamner à n'avoir pour guides que des impulsions instinctives et retourner, par conséquent, à l'état de barbarie dont les peuples mirent tant de siècles à sortir.
Dans la même œuvre
La pensée sans action est un vain mirage, l'action sans pensée un vain effort.
Les propositions admises sans discussion deviennent rarement des mobiles d'action.
En matière de sentiment, l'illusion crée vite la certitude.
L'homme ne possède que deux certitudes absolues: le plaisir et la douleur. Elles orientent toute sa vie individuelle et sociale.
L'hypothèse est une croyance souvent prise pour une connaissance.