Auteur

Grégoire Delacourt

Quand tu es petit les étoiles sont plus éloignées et les rêves plus grands. Tu dois sauter pour attraper une pomme à un arbre, arracher quelques cerises. Tu as mille victoires.
Pourquoi le bonheur et les arc-en-ciel ne sont-ils pas faits pour durer ?
La douleur, c'est comme un corps étranger. On finit par fabriquer une coque, pour ne plus la sentir. Mais on ne peut pas guérir de ce qu'on ne sent pas.
L'amour rend aveugle, et sourd, et seul, et mutile, et on ne le sait qu'après.
On grandit mal sans l'ombre d'une mère. On grandit de traviole. On devient des ronces.
Une chance, c'est le cadeau du pardon.
Un jour de douleur efface mille jours de bonheur. C'est injuste.
Comprendre, c'est faire un pas de géant vers l'autre. C'est le début du pardon.
Et si la désobéissance était le début de la paix ? Désobéir, décider, au risque de mettre sa vie en danger, et si c'était le danger, justement, que se trouvait le salut ? La dignité de soi. Les retrouvailles de soi.
Pourquoi est-ce lorsqu'on les perd qu'on croise enfin ceux qui nous ont manqué ?
Il y a des malheurs si lourds qu'on est obligé de les laisser partir.
Les hommes ne se relèvent jamais, c'est ce qui les rend touchants. Ils tombent toujours, avec plus ou moins de distinction ; leurs bras se tendent, leurs mains s'agrippent au vide de leurs illusions, leurs ongles se cassent.
Il ne reste de ceux qui nous manquent que le manque justement que nous avons d'eux.
Réaliser le rêve des autres, c'était prendre le risque de les détruire.
J'aimais profondément ma vie et je sus à l'instant même où je le gagnais que cet argent allait tout abîmer, et pour quoi ?
Papa, est-ce qu'on choisit sa vie ou est-ce que c'est elle qui choisit ? Réponds-moi, c'est important.
L'amour, c'est un mot pour après. Quand on ne fourre plus et qu'il faut bien vivre ensemble.
Les gens sont seuls avec leurs téléphones. Ils lancent des milliers de mots dans le vide de leurs vies.
Fergus, son amoureux, est le seul Irlandais d'Angleterre, qui ne boit pas de bière et ce détail fit de moi une maman exaucée.
J'ai vu ces années sur son visage, j'ai vu le temps qui nous éloigne de nos rêves et nous rapproche du silence.
Toutes les femmes sont belles ici. Leurs yeux brillent. D'un morceau de tissu elles imaginent déjà une robe, un coussin, une poupée. Elles fabriquent des rêves elle ont la beauté du monde au bout de leurs doigts.
Elle gardait les mots en elle, comme s'ils étaient rares. Nous conjuguions le silence elle et moi : regards, gestes, soupires en lieu et place de sujets, verbes, compléments.
La jeune fille hurla. Aujourd'hui encore son je ne veux pas mourir, s'il vous plaît me réveille la nuit.
Pourquoi les rêves paralysent lorsqu'ils arrivent ?
Quand il racontait quelque chose, il parlait au passé simple et la musique de sa conjugaison m'envoûtait.

Œuvres de Grégoire Delacourt

L'Ecrivain de la famille (2011)La Liste de mes envies (2012)La première chose qu' on regarde (2013)La première chose qu'on regarde (2013)Les Quatre Saisons de l'été (2015)On ne voyait que le bonheur (2014)