Œuvre
L'Ecrivain de la famille (2011)
Quand on est très petit, la longueur des bras permet juste d'atteindre le coeur de ceux qui nous embrassent. Quand on est grand, de les maintenir à distance.
Les failles finissent toujours par s'agrandir.
Mon père se taisait parce qu'il savait que si les mots peuvent guérir, ils peuvent aussi blesser, détruire. Et nous n'osions poser de questions.
Si on dit qu'un bonheur n'arrive jamais seul, les ennuis, eux, arrivent toujours en bande.
Papa, est-ce qu'on choisit sa vie ou est-ce que c'est elle qui choisit ? Réponds-moi, c'est important.
L'amour, c'est un mot pour après. Quand on ne fourre plus et qu'il faut bien vivre ensemble.
La jeune fille hurla. Aujourd'hui encore son je ne veux pas mourir, s'il vous plaît me réveille la nuit.
C'est flippant de voir quelque chose partir sans que tu puisses le retenir. Le pire c'est que t'en veux plus à ta propre faiblesse qu'à la lâcheté de celui qui part.
Dans la vraie vie les princes n'emportent pas le coeur des filles. Ils les arrachent et les jettent.
Etait-ce pour taire cela que mes mots s'étaient taris ?
Nous devenions muets. Ce qui est un comble pour une famille qui comptait son propre écrivain.
Les rêves des autres nous damnent. Aux chiottes !
Je n'ai jamais demandé grand-chose dans ma vie, souffla-t-elle, je voulais juste rencontrer quelqu'un, avoir une jolie histoire d'amour, juste ça, une jolie histoire d'amour même ça je ne l'aurai pas eu.
Avec l'expression un feu de paille, j'ai compris que même lorsqu'ils étaient jolis ou campagnards, les mots pouvaient être cruels.
Mon père se taisait parce qu'il savait que si les mots peuvent guérir, ils peuvent aussi blesser, détruire.
Les douleurs disparaissaient dans l'apparence du bonheur nouveau.