C'est ce qu'il y a de si tragique, chez plein de gens : ils oublient que la vie est quelque chose de très malléable, de très flexible ; qu'au fond, c'est nous-mêmes qui choisissons nos limites et nos horizons.
Auteur
Douglas Kennedy
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Une règle d'airain de la profession de journaliste : ne jamais avouer que l'on a pu perdre le contact avec le reste du monde ne serait-ce que cinq minutes.
Or, crois-moi, tout le monde, je dis bien tout le monde, a une histoire à raconter. Parce que la vie est un récit en soi.
L'héroïsme paraît toujours si facile quand on n'est pas soi-même devant le précipice...
La vie m'a donné une leçon fondamentale : chaque fois qu'on a l'impression de savoir précisément ce que l'on attend de l'existence, quelqu'un surgit et bouleverse toutes vos certitudes.
J'ai souvent pensé qu'on ne devient réellement adulte qu'au moment où l'on pardonne à ses parents d'être aussi imparfaits que le reste des humains et où l'on reconnaît que, avec leurs limites, ils ont fait de leur mieux pour vous.
La gloire est une abeille. Elle bourdonne. Elle pique. Ah, et elle s'envole, aussi.
La vie m'avait appris que si l'on n'attend rien tout devient une surprise.
Evidemment ! C'est ce qu'Orwell dit bien à propos des idées reçues : elles comportent toutes une part de vérité, à un certain niveau.
Il est incontestable que notre passé continue à définir notre existence. Certaines données sont immuables et continuent à peser sur nous quoi qu'il arrive - il est horriblement difficile de s'en libérer.
De la discipline, et encore de la discipline. Le seul antidote au désordre de l'existence.
Quand nous regardons l'autre, pouvons nous seulement voir la douleur que porte chacun de nous ?
Tu n'as jamais été envoûtée par quelqu'un au point de ne pouvoir supporter d'être privée de sa présence ?
Assez souvent dans l'acte créatif, il y a des moments d'urgence absolue... un étrange déclic se produit dans votre cerveau : vous ne supputez plus la phrase suivante, vous ne cogitez plus. Vous oeuvrez, c'est tout.
On s'arrête à une pompe alors que l'on a même pas besoin d'essence, on rencontre quelqu'un et la vie déraille. Non, le destin n'est pas cruel. Il est bête à pleurer.
Règle numéro un : on ne choisit pas le bon moment, on tombe dessus.
Et quand vous prenez un café avec quelqu'un, c'est déjà un début. C'est toujours un début.
La sécurité, on finit toujours par s'en rendre compte, est aussi une manière de descente aux enfers.
Même quand d'autres mettent le doigt sur une vérité indiscutable à propos de nous, nous la reformulons souvent dans le but de la rendre plus acceptable.
Nous sommes rarement capables de dire aux autres ce que nous pensons d'eux, pour ne pas les blesser mais aussi pour nous protéger. Un gentil mensonge est souvent préférable à la brutale réalité.
C'est le lot des humains : nous cessons de pleurer dès que nous avons obtenu ce que nous voulons. Pour un moment, au moins.
Aujourd'hui, je ne veux pas quitter cette chambre, a-t-elle déclaré. Le reste du monde est derrière cette porte et il ne faut pas l'ouvrir.
Non, la vie d'un individu n'a rien de linéaire, et pourtant son histoire est plus facile à raconter dans une apparente linéarité, dans un enchaînement qui se veut logique.
Une école de danse où des adolescents de l'âge de Charlie sont traînés chaque semaine par leurs parents malgré leurs cris et leurs gémissements.
Parfois, on se dit qu'on ne s'arrêtera jamais de pleurer. Mais si, on s'arrête. D'épuisement. Quand le corps n'en peut plus, oblige au calme après le tourbillon démentiel de la détresse.