Auteur

Claudie Gallay

Pourquoi faut-il que les dates aient tellement d'importance ?
L'envie, c'est rien que du poison, une pelle pour creuser ta tombe et te mettre la terre par-dessus.
Sur chaque jour que la vie nous donne, il faudrait prendre quelques minutes et se demander quelle chose belle on a faite... Ou quelle chose juste...
Même leurs voix, j'ai oublié. Avant, quand je regardais leur photo, je me souvenais. Je les revoyais comme avant, quand ils étaient vivants. Maintenant, je les revois plus, j'ai l'impression qu'ils sont morts encore une fois.
Les falaises, c'était mes chemins de solitude. Je ne savais plus marcher à deux.
Les blancs repondent que l'homme est un mouton et que Dieu est le berger de tous. Ils veulent remplacer les dieux des Hopi par ce dieu-la. Quoyeteva éclate de rire. Il sait ce que les bergers font aux moutons.
Depuis des mois, ils apprennent à être des funambules. Rester maître de soi et pourtant lâcher prise, c'est sur ce fil-là qu'ils vont devoir marcher.
Je pense à vous. Le mariage n'a rien à voir avec l'amour. L'amour est ailleurs. Brutal. Insensé. Hors de toute logique.
J'aurais voulu mourir étouffée et qu'on m'enterre avec toi.
Les vieillards hopi sont semblables à ces arbres décharnés qui poussent sur les bords asséchés des rivières. Plus vivants. Pas encore morts.
Vous parlez sans savoir... Il faudrait penser à donner un peu d'épaisseur à votre vie.
Il faut apprendre à se pardonner, alors seulement on peut vivre mieux.
Ici, comme ailleurs, c'est l'ennui qui fait devenir salaud.
Il faut que les gens meurent pour comprendre à quel point on les aime. On cesse alors d'attendre d'eux et les choses deviennent plus faciles.
Il n'y a que cela, la vie, la mort, l'inévitable ! Et l'utopie, c'est ce qu'il reste à inventer pour tenter de s'en sortir.
On a beau faire, s'apitoyer, compatir, essayer de comprendre, on ne peut jamais vraiment ressentir la douleur qu'éprouve l'autre, ni dans sa tête ni dans son corps... Et sans doute que c'est mieux ainsi.
Elle ne sait pas où tout ça la mène. Ca, la vie, grandir. Elle ne sait pas ce qu'il y a devant, dans ce temps qu'on appelle avenir et qui est aussi demain. Que peut-elle faire de tout ce temps ?
Quand on fait quelque chose, il faut comprendre pourquoi on le fait. C'est une question de liberté.
Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes en contre-jour.
En tout être humain, il y a un lac, a dit ma mère, une tristesse liquide que les oignons aident à vider.
Les mariages, c'est quand même pas triste comme les trous de tombes mais ça fait pleurer tout autant.
Le chien, son plaisir, c'est de poser son museau entre ses cuisses et de renifler tout ce qui remonte. Le vieux le laisse faire, c'est une entente entre eux.
Personne n'a étudié la douleur des humains quand ils sont ferrés du ventre. Cette impression de brûler, de se vider tout en restant vivant.
Il disait qu'il y avait là-bas de la neige, parfois dans de telles épaisseurs qu'il avait l'impression d'un enfouissement. Il aimait ça. Il aimait aussi prendre les trains, peu importe la destination, trainer dans les gares et regarder vivre les gens.
Elle m'a condamnée à ça, imiter ce que je sais faire, revenir toujours au même lieu et le fuir dès que je le retrouve.

Œuvres de Claudie Gallay

Dans l'or du temps (2006)L'Amour est une île (2010)L'Office des vivants (2001)Les Années cerises (2004)Les Déferlantes (2008)Mon amour, ma vie (2002)Seule Venise (2004)Une part de ciel (2013)