S'il y a un Dieu, il faut nécessairement qu'il soit juste : car, s'il ne l'était pas, il serait le plus mauvais et le plus imparfait de tous les êtres.
Auteur
Charles de Secondat, baron de Montesquieu
La justice est un rapport de convenance, qui se trouve réellement entre deux choses ; ce rapport est toujours le même, quelque être qui le considère, soit que ce soit Dieu, soit que ce soit un ange, ou enfin que ce soit un homme.
Nul n'est mauvais gratuitement. Il faut qu'il y ait une raison qui détermine, et cette raison est toujours une raison d'intérêt.
Un homme qui écrit bien n'écrit pas comme on a écrit, mais comme il écrit, et c'est souvent en parlant mal qu'on parle bien.
Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir dans sa vie, contre des heures délicieuses.
Les lois ne doivent point être subtiles, elles sont faites pour des gens de médiocre entendement.
Il est bon quelquefois que les lois ne paraissent pas aller si directement au but qu'elles se proposent.
Plus une tête est vide, plus elle cherche à se désemplir.
Les hommes sont tous égaux dans le gouvernement républicain ils sont égaux dans le gouvernement despotique : dans le premier, c'est parce qu'ils sont tout dans le second, c'est parce qu'ils ne sont rien.
C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises et qui établit les vrais rapports entre elles.
Toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.
L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une a intérêt d'acheter, l'autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.
L'action ne fait pas le crime, c'est la connaissance de celui qui le commet.
L'esclavage dans la conquête est une chose d'accident.
Il faut éclairer l'histoire par les lois et les lois par l'histoire.
Il ne faut point mener les hommes par les voies extrêmes.
Les conjonctions illicites contribuent peu à la propagation de l'espèce.
La nature semblait avoir sagement pourvu à ce que les sottises des hommes fussent passagères, et les livres les immortalisent.
Je suis un homme qui m'occupe, toutes les nuits, à regarder avec des lunettes de trente pieds ces grands corps qui roulent sur nos têtes : et, quand je veux me délasser, je prends mes petits microscopes, et j'observe un citron ou une mite.
Que la louange est fade quand elle réfléchit vers le lieu d'où elle part !
Il n'y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et avec les couleurs de la justice.
Ce ne sont pas seulement les liens du sang qui forment la parenté mais aussi ceux du Coeur et de l'Intelligence.
Les hommes sont extrêmement portés à espérer et à craindre, et une religion qui n'aurait ni enfer ni paradis ne saurait guère leur plaire.
L'atrocité des lois en empêche donc l'exécution.
Œuvres de Charles de Secondat, baron de Montesquieu
CahiersCahiers, III, Art d'écrireCahiers, IV, Maximes, XIXCahiers, Sur l'hommeConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734)Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), IIConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), IVConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), VIIIConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734), XVIIICorrespondanceDe l'esprit des lois (1748)De l'esprit des lois (1748), I, 4De l'esprit des lois (1748), II, 2De l'esprit des lois (1748), IV, 5De l'esprit des lois (1748), PréfaceDe l'esprit des lois (1748), V, 10De l'esprit des lois (1748), VII, 6De l'esprit des lois (1748), XIX, 16De l'esprit des lois (1748), XIX, 7De l'esprit des lois (1748), XV, 5