Auteur

Anton Tchekhov

L'artiste devrait juger seulement de ce qu'il comprend; ses horizons sont aussi limités que ceux de tout autre spécialiste.
Lorsqu'on n'a pas de vie véritable, on la remplace par des mirages.
Un homme sans moustache, c'est comme une femme avec une moustache.
Vous pensez honnêtement, et, à cause de cela, vous haïssez le monde entier.
Un chien affamé n'a foi qu'en la viande.
Les paysans sont sans cesse au travail et c'est un mot qu'ils n'utilisent jamais.
L'université développe tous les dons de l'homme, entre autres la bêtise.
Ils se marient car tous les deux ne savent que faire d'eux-mêmes.
Si les boîtes aux lettres savaient comme les gens leur confient souvent leur sort, elles n'auraient pas l'air si tranquille.
Il n'y a pas de bonheur pour nous. Nous ne devons que travailler: quand au bonheur, il appartient à notre lointaine progéniture.
Quand nous avons soif, il nous semble que nous pourrions boire tout un océan: c'est la foi; et quand nous nous mettons à boire, nous buvons un verre ou deux: c'est la science.
Quand la vraie vie est absente, on se nourrit d'illusions. C'est tout de même mieux que rien.
A vingt ans, nous sommes tous des héros; nous entreprenons tout; nous pouvons tout; mais, à trente ans, nous sommes fourbus et ne valons plus rien. Par quoi expliquer cette fatigue?
La vie humaine est comme une fleur épanouie dans les champs; survient un bouc qui la happe - et plus de fleur.
Il me semble que vous devriez comprendre que ce qui perd le monde, ce ne sont pas les bandits, ni les guerres, mais les haines, les inimitiés, toutes ces petites querelles sordides.
Le caractère est une force de la nature, l'absence de caractère d'autant plus.
Il faut croire que la haine n'est pas aussi sujette à l'oubli que l'amour...
Il y a, chez Dostoïevski ou chez Voltaire un personnage qui dit que si Dieu n'existait pas, les hommes l'auraient inventé. Et je crois profondément que, si l'immortalité n'existe pas, tôt ou tard le grand esprit humain l'inventera.
Si tu veux avoir peu de temps, ne fais rien.
Si vous craignez la solitude, ne vous mariez pas.
L'épouse est la plus effroyable, la plus tatillonne des censures ! Quelle calamité quand elle est bête !
La joie est-elle un sentiment surnaturel ? Ne doit-elle pas être l'état normal de l'homme ? Plus le développement intellectuel et moral d'un homme est élevé, plus l'homme est libre, et plus la vie lui donne de satisfaction.
La femme ne peut être l'amie de l'homme que selon cet ordre-ci : d'abord camarade, puis maîtresse, enfin amie.
Ce qui perd le monde, ce ne sont pas les criminels ou les incendies, mais la haine, l'inimitié, les menus désagréments de chaque jour.
Il est plaisant de voir auprès de soi une beauté corporelle, mais combien plus plaisant de voir une beauté spirituelle.

Œuvres de Anton Tchekhov

CalepinCarnet de notesCorrespondanceIvanov (1887)L' Ours (1888)L'Ile de Sakhaline (1893)L'Oncle VaniaL'Oncle Vania, IV, AstrovLa Cerisaie (1904)La Dame au petit chien et autres nouvelles (1899)La Mouette (1896)La Mouette (1896), DornLa Mouette (1896), I, NinaLa Steppe (1888)Le Conseiller privéLe Cordonnier et la Puissance des ténèbresLe Moine noir (1894)Le Sauvage (1889), IV, 3Le malheur des autresLes Trois Soeurs