Lorsqu'on n'a pas de vie véritable on la remplace par des mirages.
Il faut que dans un être humain tout soit beau : et le visage et les vêtements et l'âme et les pensées.
Autrefois, je considérais que chaque original était un malade et un anormal, mais à présent je considère que l'état normal d'un homme est d'être un original.
Quand un homme se met à philosopher, cela donne de la philo-sophistique ou, disons, de la sophistique ; mais si c'est une femme qui se met à philosopher ou deux femmes, alors ça tourne au mords-moi-le-doigt.
Il se peut aussi que cette vie d'aujourd'hui dont nous prenons notre parti, sera un jour considérée comme étrange, inconfortable, sans intelligence, insuffisamment pure et, qui sait, même coupable.
Dans mille ans, l'homme soupirera comme maintenant : «Ah ! que la vie est dure !» et comme maintenant il aura peur et ne voudra pas mourir.
Par la puissance du verbe, un simple mortel convertit au christianisme des milliers de sauvages endurcis ; Ulysse était l'homme le plus convaincu du monde, il cède néanmoins à la voix des sirènes. Toute l'histoire est faite de semblables exemples.
Que Dieu vous garde de sacrifier le présent à l'avenir ! Le présent, c'est la jeunesse, la santé, la fougue. Et l'avenir est un leurre, une fumée. Dès vingt ans, commencez à vivre.
Nous n'éviterons pas l'heure de la mort et n'avons pas à vivre longtemps, aussi n'ataché-je pas une sérieuse importance à ma littérature, à mon nom et à mes fautes littéraires.
Quand on lit un roman, on a l'impression de tout connaître d'avance, tout paraît si compréhensible, mais dès que l'on tombe amoureux soi-même, on s'aperçoit que personne ne sait rien et que chacun doit décider pour soi, tout seul...
Une femme est une femme. Elle est honnête, ordonnée, bonne, si vous voulez, mais malgré tout ça, il y a en elle quelque chose qui la ravale au niveau d'un animal, aveugle et, comment dirais-je, rugueux.
Je songe au mot paria et à ce qu'il signifie : condition humaine au-dessous de laquelle il est impossible de tomber.
Dans mille ans, l'homme soupirera encore : Ah, comme la vie est dure ! - et en même temps, il continuera, comme aujourd'hui, à craindre la mort et à ne pas vouloir mourir.
Vous dites : la vie est belle ? Mais l'est-elle vraiment ? Nous sommes trois soeurs, et jusqu'ici, aucune de nous ne l'a connue, cette belle vie, elle nous a étouffées comme une mauvaise herbe...
Avec du soleil, même un cimetière est gai. Quand on a de l'espoir, la vieillesse même est belle... Mais moi je n'ai plus d'espoir, pas le moindre !
Dans peu de temps, quelque deux ou trois cents ans, on considérera notre vie actuelle avec terreur et dérision, tout ce qui existe aujourd'hui paraîtra maladroit, lourd, très inconfortable, et étrange.
Tous les hommes sont canailles, mesquins, cruels, sans talent je me répugne moi-même.
Charmante vision ! Je venais pour de la prose et je tombe dans la poésie...
Le train avait deux heures de retard. Hein ? Ca, c'est de l'efficacité !
Les maris, c'est une engeance si ennuyeuse qu'ils feraient bien de dormir tout le temps.
Comme dit Gogol : Il est ennuyeux de vivre en ce monde, messieurs.
Ne rougit pas des sentiments dont la vieillesse se souvient avec bonheur !
La femme, c'est le meilleur de l'homme.
Si pour lutter contre une maladie on donne une infinité de remèdes, cela signifie que la maladie est incurable.
Les gens sans talent mais prétentieux n'ont pas d'autres ressources que de nier les talents véritables.
Œuvres de Anton Tchekhov
CalepinCarnet de notesCorrespondanceIvanov (1887)L' Ours (1888)L'Ile de Sakhaline (1893)L'Oncle VaniaL'Oncle Vania, IV, AstrovLa Cerisaie (1904)La Dame au petit chien et autres nouvelles (1899)La Mouette (1896)La Mouette (1896), DornLa Mouette (1896), I, NinaLa Steppe (1888)Le Conseiller privéLe Cordonnier et la Puissance des ténèbresLe Moine noir (1894)Le Sauvage (1889), IV, 3Le malheur des autresLes Trois Soeurs