Œuvre
Oncle Vania (1899-1900)
Quand la vraie vie est absente, on se nourrit d'illusions. C'est tout de même mieux que rien.
Il me semble que vous devriez comprendre que ce qui perd le monde, ce ne sont pas les bandits, ni les guerres, mais les haines, les inimitiés, toutes ces petites querelles sordides.
La femme ne peut être l'amie de l'homme que selon cet ordre-ci : d'abord camarade, puis maîtresse, enfin amie.
Ce qui perd le monde, ce ne sont pas les criminels ou les incendies, mais la haine, l'inimitié, les menus désagréments de chaque jour.
Lorsqu'on n'a pas de vie véritable on la remplace par des mirages.
Il faut que dans un être humain tout soit beau : et le visage et les vêtements et l'âme et les pensées.
Autrefois, je considérais que chaque original était un malade et un anormal, mais à présent je considère que l'état normal d'un homme est d'être un original.
Quand on lit un roman, on a l'impression de tout connaître d'avance, tout paraît si compréhensible, mais dès que l'on tombe amoureux soi-même, on s'aperçoit que personne ne sait rien et que chacun doit décider pour soi, tout seul...
Dans peu de temps, quelque deux ou trois cents ans, on considérera notre vie actuelle avec terreur et dérision, tout ce qui existe aujourd'hui paraîtra maladroit, lourd, très inconfortable, et étrange.
C'est étrange quand même ! ... On se connaît, et puis... brusquement, sans savoir pourquoi... on ne se revoit plus jamais ! C'est toujours comme ça, dans la vie !
Il me semble que vous devriez comprendre que ce qui perd le monde, ce ne sont pas les bandits, ni les guerres, mais les haines, les inimitiés, toutes ces petites querelles sordides...