Auteur

André Malraux

Or, l'audio-visuel apporte à l'imaginaire des moyens aussi limités que ceux du théâtre: ils ne saisissent directement que l'homme extérieur.
Le nombre des autodidactes de l'art ne cesse de s'accroître, heureusement.
Si nul ne croit plus que l'autoportrait, voire le portrait, n'eut d'autre souci que d'imiter son modèle, depuis les effigies des sculteurs égyptiens jusqu'aux toiles cubistes, on continue à le croire du portrait littéraire.
Il s'agit toujours de dévoiler un secret, d'avouer. L'aveu chrétien avait été la rançon du pardon, la voie de la pénitence. Le talent n'est pas un pardon, mais il agit de façon aussi profonde.
Vos hommes savent se battre, mais ils ne savent pas combattre.
Le gardien n'avait pas ouvert la porte avec une clé, mais avec un bec-de-cane.
De ravissantes chanteuses de biguines, qui nous attendaient dans les vastes couloirs, continuaient la complainte.
Le train blindé sortit de son tunnel, menaçant et aveugle. Ramos prit une fois de plus conscience qu'un train blindé, ce n'est qu'un canon et quelques mitrailleuses.
Le directeur de la prison de Saïgon, qui appelait bonassement «Sale gosse», en lui tapotant la joue, un petit Annamite condamné à mort.
Ils lui étaient reconnaissants d'une bonté dont ils ne devinaient pas qu'elle prenait ses racines dans l'opium. On lui prêtait la patience des bouddhistes: c'était celle des intoxiqués.
Mais s'il ne savait pas se fuir dans un autre être, il savait se délivrer: il y avait l'opium. Cinq boulettes. Depuis des années il s'en tenait là, non sans peine, non sans douleur parfois.
Au repos, l'expression de Valérie était d'une tristesse tendre, et Ferral se souvenait que la première fois qu'il l'avait vue il avait dit qu'elle avait un visage brouillé, - le visage qui convenait à ce que ses yeux gris avaient de doux.
Bien qu'il ne vit dans la nuit ni les buis ni les fusains, il devinait leur feuillage sombre par leur odeur amère.
La seule lumière venait du building voisin: un grand rectangle d'électricité pâle...
On peut se battre pour des passions confuses, on ne peut pas - vous voyez ce que je veux dire? - se battre toujours pour des calembredaines.
Mon interlocuteur devenait de plus en plus perplexe. Il commença à jouer au chat et à la souris.
L'art ne se christianise pas en glissant le visage du Christ dans les entrelacs des nomades.
La peinture d'histoire agonise au XVIIIe siècle, bien qu'elle seule ait droit à la cimaise à côté du portrait.
Il entendait le clapotement des rames qui dominait à intervalles réguliers le léger ressac de l'eau contre les berges.
La petite pendule de Senghor sonne un coup dans le bureau climatisé de Dakar, et l'air chaud tremble derrière les fenêtres.
Pourtant, la clique dirigeante accepte la formation de couches de la population qui ne sont pas encore des classes, mais qui pèsent sur la politique communiste.
D'autres cloches et clochettes, des timbres de vélos, des trompes d'autos, et même des casseroles accompagnaient maintenant la cloche.
Le pays de Cocagne est sans aventures, merveille par soi-même. Le merveilleux, comme le sacré dont il semble le domaine mineur, appartient au Tout-Autre, à un monde parfois consolant et parfois terrible, mais d'abord différent du réel.
L'épais ruissellement des velours s'arrête devant le bec surpris d'une cocotte en papier!
Il vous faudra combien de temps pour vous remettre en forme? - - Je crois quelques heures.

Œuvres de André Malraux

A la Conférence des Pays Francophones, Niamey, 17 février 1969.Allocution au Congrès de l'Oeuvre du XXe siècle, 31 mai 1952.Antimémoires (1967)ApocrypheCité par Georges Duthuit dans Le Musée inimaginable (1956).Cité par Guy Suarès dans Malraux, celui qui vient (1979).Cité par Jean-François Deniau.Cité par Roger Stéphane dans Toutes choses ont leur saison (1979).Discours, Inauguration de la Maison de la Culture de Grenoble, 13 février 1968Discours, à l'Assemblée Nationale, 29 décembre 1945.Discours, à l'inauguration de la Maison de la culture d'Amiens, 19 mars 1966.Discours, à l'inauguration de la maison de la culture de Bourges, avril 1964Discours, à la Chambre des députés, 1945Esquisse d'une psychologie du cinéma (1946)Interview dans L'Express, 7 juin 1976.Interview à Pierre Desgraupes, Le Point, 10 novembre 1975L'Espoir (1937)L'Homme précaire et la Littérature (1977)L'Homme précaire et la Littérature (1977)La Condition humaine (1933)