Auteur

Anatole France

Ce qui fait le monde, c'est la femme. Elle y est souveraine; rien ne s'y fait que par elle et pour elle.
Si j'en crois mon flair de vieux renard, nous aurons à dîner une poularde d'un fumet délicat.
Et elle se fait une voix flûtée pour promettre au minet toutes sortes de douceurs.
Se renversant jusqu'à ce que sa nuque touchât ses talons, il donnait à son corps la forme d'une roue parfaite.
Tandis que, dans sa conscience, elle se croit coupable pour avoir forniqué avec monsieur Roux, mon élève, je tiens sa fornication pour innocente, comme n'ayant fait de mal à personne.
Le bébé a un joli pli entre le poignet et le bras, un pli au cou; et de la tête au pieds ce sont de jolies fossettes qui rient dans la chair rose.
Sur le fourneau, un civet de lièvre chantait dans la casserole.
Rasé de frais, deux pattes de lièvre encadraient ses joues rondes.
Car vous entendez bien, que la pomme qui tenta la pitoyable Eve n'était point le fruit d'un pommier et que c'est là une allégorie dont je vous ai révélé le sens.
Les arbres qui bordaient la route fuyaient à mes côtés comme des ombres difformes et douloureuses dans la nuit.
D'une des cheminées sortaient des étincelles qui montaient en gerbes pour retomber en pluie d'or sous une fumée épaisse dont le ciel était voilé.
L'hérétique est celui qui, ayant été baptisé, connaît les dogmes de la foi, les altère ou les combat.
On donne toujours trop aux mendiants, répondit-elle, ce sont des fainéants, mais il y a les pauvres honteux, et ceux-là sont à plaindre. Il y en a partout; ils se cachent. Et ils souffrent plutôt que de demander.
L'ignorance est la condition nécessaire du bonheur des hommes, et il faut reconnaître que, le plus souvent, ils la remplissent bien.
La raison, la superbe raison est capricieuse et cruelle. La sainte ingénuité de l'instinct ne trompe jamais.
Il y a des étoiles qui se sont éteintes sous nos yeux, d'autres vacillent comme la flamme mourante d'une bougie. Les cieux, qu'on croyait incorruptibles, ne connaissent d'éternel que l'éternel écoulement des choses.
Les joueurs jouent comme les amoureux aiment, comme les ivrognes boivent, nécessairement, aveuglement, sous l'empire d'une force irrésistible. Il est des êtres voues au jeu, comme il est des êtres voués a l'amour.
Le jeu, c'est un corps-a-corps avec le destin. C'est le combat de Jacob avec l'ange, c'est le pacte du docteur Faust avec le diable. On joue de l'argent, de l'argent, c'est-a-dire la possibilité immediate, infinie.
Le mal est nécessaire. S'il n'existait pas, le bien n'existerait pas non plus. Le mal est l'unique raison d'être du bien. Que serait le courage loin du péril et la pitié sans la douleur?
En amour, il faut aux hommes des formes et des couleurs; ils veulent des images.
Un jour, dans ma chambre, je lisais Virgile. Je l'avais aimé dès le collège; mais, depuis que les professeurs ne me l'expliquaient plus, j'en avais une meilleure intelligence et rien ne m'en gâtait plus la beauté.
Pour se donner les joies de l'adultère, il faut être une personne pieuse.
On reproche aux gens de parler d'eux-mêmes, c'est pourtant le sujet qu'ils traitent le mieux.
On appelle gens de bien ceux qui font comme les autres.
Le livre est l'opium de l'Occident.

Œuvres de Anatole France

Au tournant du siècleBalthasar (1889), La fille de LilithCrainquebilleCrainquebille (1903)Crainquebille, Putois, Riquet et plusieurs autres récits profitables (1904)Crainquebille, Putois, Riquet et plusieurs autres récits profitables (1904), Pensées de RiquetDans Le Figaro, 17 janvier 1900.Dernières pages inéditesDiscoursDiscours, au banquet des Rabelaisants, 1912Discours, au banquet des étudiants, 1895Histoire comiqueHistoire comique (1903)Histoires comiques (1903)Jocaste et Le Chat maigre (1879)Jocaste et Le Chat maigre (1879), JocasteL'Anneau d'améthyste (1899)L'Anneau d'améthyste (1899), 2L'Anneau d'améthyste (1899), 5L'Etui de nacre (1892)