Œuvre
L'Anneau d'améthyste (1899)
Le travail est bon à l'homme, il empêche de regarder cet autre qui est lui et qui lui rend la solitude horrible.
En lui l'instinct profond de l'homme et le sens mondain n'étaient pas bien d'accord. Il n'avait pas l'esprit très apte à concilier ces antinomies.
C'est une grande question de savoir si la civilisation n'affaiblit pas chez les hommes le courage en même temps que la férocité.
L'améthyste est une pierre très convenable, ce semble, à orner l'anneau pastoral. Aussi la nomme-t-on pierre d'évêque ... Elle exprime dans la symbolique chrétienne la modestie et l'humilité.
Elle leva au-dessus de sa tête ses bras nus, qui faisaient comme deux anses éclatantes à l'amphore admirablement évasée de son corps.
Le ministre choisit les évêques, et le nonce approuve le choix du ministre. C'est ce qu'on appelle le Concordat.
Une lumière douce fit étinceler la glace de l'armoire et reluire la corniche de palissandre.
Une armure de cheval, avec le chanfrein à vue, la muserolle, la barde de crinière et la bande de poitrail, la tonnelle et le garde-queue.
Ce que nous appelons la raison d'Etat, c'est la raison des bureaux.
La femme du préfet était venue, très gentille, lui couler à l'oreille un mot de recommandation.
Il se détourna de son chemin pour aller voir sur le mail un orme qu'il aimait entre tous.
Voici que cette ville, où j'ai vécu quinze ans, me devient tout à coup étrangère, parce que je vais la quitter.
Ce sont les hommes qui n'aiment pas les femmes qui s'intéressent à la toilette des femmes. Et les hommes qui aiment les femmes ne voient pas seulement comment elles sont habillées.
Le travail est bon à l'homme. Il le distrait de sa propre vie, il le détourne de la vue effrayante de lui-même ; il l'empêche de regarder cet autre qui est lui et qui lui rend la solitude horrible.
Le travail est bon à l'homme. Il le distrait de sa propre vie, il le détourne de la vue effrayante de lui-même ; il l'empêche de regarder cet autre qui est en lui et qui lui rend la solitude horrible. Il est un souverain remède à l'éthique et à l'esthétique.
Le travail nous donne l'illusion de la volonté, de la force et de l'indépendance. Il nous divinise à nos propres yeux. Il fait de nous, au regard de nous-mêmes, des héros, des Génies, des Démons, des Démiurges, des Dieux, le Dieu. Et dans le fait on n'a jamais conçu Dieu qu'en tant qu'ouvrier.
Le travail a ceci d'excellent encore qu'il amuse notre vanité, trompe notre impuissance et nous communique l'espoir d'un bon événement.
Le travail a ceci d'excellent encore qu'il amuse notre vanité, trompe notre impuissance et nous communique l'espoir d'un bon événement. Nous nous flattons d'entreprendre par lui sur les destins. Ne concevant pas les rapports nécessaires qui rattachent notre propre effort à la mécanique universelle, il nous semble que cet effort est dirigé en notre faveur contre le reste de la machine.