Soit comme un loup blessé qui se tait pour mourir, - Et qui mord le couteau, de sa gueule qui saigne.

À lire aussi de Charles Marie René Leconte de Lisle

Victorieux, vaincus, fantasins, cavaliers - Les voici maintenant, blêmes, muets, farouches, - Les poings fermés, serrant les dents, et les yeux louches - Dans la mort furieuse étendus par milliers.
L'hippopotame souffle aux berges du Nil blanc - Et vautre, dans les joncs rigides qu'il écrase, - Son ventre rose et gras tout cuirassé de vase.
O boucherie! o soif du meurtre! acharnement - Horrible! odeur des morts qui suffoquent et navres! - Soyez maudits devant ces cent mille cadavres - Et la stupide horreur de cet égorgement.
Je t'aime et te salue, ô vierge magnanime! - Quand l'orage ébranla le monde paternel, - Tu suivis dans l'exil cet Oedipe sublime, - Et tu l'enveloppas d'un amour éternel.
Dans l'immense largeur du Capricorne au Pôle - Le vent beugle, rugit, siffle, râle et miaule, - Et bondit à travers l'Atlantique tout blanc.
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Tel que la haute mer contre les durs rivages, - A la grande tuerie ils se sont tous rués, - Ivres et haletants, par les boulets troués, - En d'épais tourbillons pleins de clameurs sauvages.
Le spectre monstrueux d'un univers détruit, - Jeté comme une épave à l'Océan du vide.
Soit comme un loup blessé qui se tait pour mourir, - Et qui mord le couteau, de sa gueule qui saigne.
La terre s'ouvre, un peu de chair y tombe; - Et l'herbe de l'oubli, cachant bientôt la tombe, - Sur tant de vanité croît éternellement.
Tel que la haute mer contre les durs rivages, - A la grande tuerie ils se sont tous rués, - Ivres et haletants, par les boulets troués, - En d'épais tourbillons pleins de clameurs sauvages.