Œuvre

Poèmes barbares (1862)

Tel que la haute mer contre les durs rivages, - A la grande tuerie ils se sont tous rués, - Ivres et haletants, par les boulets troués, - En d'épais tourbillons pleins de clameurs sauvages.
Le spectre monstrueux d'un univers détruit, - Jeté comme une épave à l'Océan du vide.
Soit comme un loup blessé qui se tait pour mourir, - Et qui mord le couteau, de sa gueule qui saigne.
La terre s'ouvre, un peu de chair y tombe; - Et l'herbe de l'oubli, cachant bientôt la tombe, - Sur tant de vanité croît éternellement.
Tel que la haute mer contre les durs rivages, - A la grande tuerie ils se sont tous rués, - Ivres et haletants, par les boulets troués, - En d'épais tourbillons pleins de clameurs sauvages.
Soit comme un loup blessé qui se tait pour mourir, - Et qui mord le couteau, de sa gueule qui saigne.