C'est ainsi que l'on se fabrique des secrets: pour garder le présent au passé.
Nous sommes tellement remplis de mots qu'il nous faut absolument parler: comme s'ils étaient des oiseaux à libérer, comme s'il fallait faire le vide avant de laisser venir en nous d'autres mots.
Connaître l'autre c'est avoir saisi le rêve intérieur qu'il fait de lui-même, pas seulement avoir vu qui il se figure être, mais savoir qui il aspire à devenir.
Ce qui est dit l'a été, et pour toujours le sera. Les mots lancés à haute et intelligible voix sont dotés d'un pouvoir de perforation: ils entrent en nous, nous envahissent, s'installent dans notre mémoire, ne s'en vont plus jamais.
Celui qu'on aime n'a pas forcément toutes les qualités. Je ne vois pas pourquoi il les aurait.
Au début de l'amour, il n'y a ni qualités ni défauts, il n'y a que l'amour.
L'estampille de la raison contrecarre nos fantaisies, nos élans se brisent, eux qui pourtant ne sont pas folie mais gaieté.
J'ai remarqué que les gens en général se jugent plutôt laids et intelligents que beaux et stupides.
L'abandon volontaire du monde n'est pas à annoncer mais à réussir.
Nul homme n'est pour lui-même celui qu'il est pour les autres et pas d'avantage celui qu'il se figure être à leurs yeux. Si clairvoyants soient-ils, les regards rencontrent tant d'obstacles : ils ne se voient pas eux-mêmes, ils ne traversent pas la chair.
Les gens appellent imagination la douleur de l'autre qu'ils n'éprouvent pas eux-mêmes. Autant dire qu'on est seul, séparé, adverse.
La famille ça se porte sur le dos du matin au soir de la vie.
Etre au milieu des autres, quelle illusion. On n'imagine jamais assez loin à quel point on est seul à vivre sa vie.
Il faut tant d'élan en soi, tant de passion énergique pour conduire un enfant vers l'homme ou la femme qu'il promet.
L'amour repose souvent sur un malentendu. Nous avons un vrai pouvoir de fantasmer le réel...
En amour, on se trouve envahi puis vacant, sans rien savoir ou maîtriser de ce mouvement.
L'être humain ne change pas, il change le monde.
Etre au milieu des autres, quelle illusion. On n'imagine jamais à quel point on est seul à vivre sa vie.
Personne ne fait l'expérience qu'un autre fait de lui-même.
J'ai l'impression d'être fatiguée de malheur. Je me sens aussi vieille que ma tristesse.
Les mots lancés à haute et intelligible voix sont dotés d'un pouvoir de perforation : ils entrent en nous, nous envahissent, s'installent dans notre mémoire, ne s'en vont plus jamais.
L'amertume et le regret, la tristesse sont autant d'imperfections de l'humeur qui nous isolent dans des bulles noires où les autres refusent de nous regarder et jamais ne nous approchent.