Etre au milieu des autres, quelle illusion. On n'imagine jamais assez loin à quel point on est seul à vivre sa vie.

À lire aussi de Cécile Gavriloff, dite Alice Ferney

On peut emmêler sa vie à des oeuvres. Ce que l'on vit rencontre ce que l'on regarde, ou ce qu'on lit vient s'entrelacer dans la trame des perceptions réelles.
Si les promesses sont sacrées, celles faites aux enfants le sont plus que les autres.
Voilà ce que sont le mariage et la famille : un corps-à-corps jusqu'à la mort, du lit jusqu'à la tombe.
Les gens appellent imagination la douleur de l'autre qu'ils n'éprouvent pas eux-mêmes. Autant dire qu'on est seul, séparé, adverse.
A la guerre, on fabrique des hommes morts et, pour les camoufler, on les appelle des héros ...
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Dans la même œuvre

C'est ainsi que l'on se fabrique des secrets: pour garder le présent au passé.
Nous sommes tellement remplis de mots qu'il nous faut absolument parler: comme s'ils étaient des oiseaux à libérer, comme s'il fallait faire le vide avant de laisser venir en nous d'autres mots.
Connaître l'autre c'est avoir saisi le rêve intérieur qu'il fait de lui-même, pas seulement avoir vu qui il se figure être, mais savoir qui il aspire à devenir.
Ce qui est dit l'a été, et pour toujours le sera. Les mots lancés à haute et intelligible voix sont dotés d'un pouvoir de perforation: ils entrent en nous, nous envahissent, s'installent dans notre mémoire, ne s'en vont plus jamais.
Celui qu'on aime n'a pas forcément toutes les qualités. Je ne vois pas pourquoi il les aurait.