Je fais la guerre pour ne plus jamais la faire.
Auteur
Cécile Gavriloff, dite Alice Ferney
A la guerre, on fabrique des hommes morts et, pour les camoufler, on les appelle des héros ...
C'est ainsi que l'on se fabrique des secrets: pour garder le présent au passé.
Nous sommes tellement remplis de mots qu'il nous faut absolument parler: comme s'ils étaient des oiseaux à libérer, comme s'il fallait faire le vide avant de laisser venir en nous d'autres mots.
Connaître l'autre c'est avoir saisi le rêve intérieur qu'il fait de lui-même, pas seulement avoir vu qui il se figure être, mais savoir qui il aspire à devenir.
Ce qui est dit l'a été, et pour toujours le sera. Les mots lancés à haute et intelligible voix sont dotés d'un pouvoir de perforation: ils entrent en nous, nous envahissent, s'installent dans notre mémoire, ne s'en vont plus jamais.
Sommes-nous donc si seuls, et même lorsque nous sommes aimés, que la moindre des complicités galantes nous éclaire et nous comble?
Le secret est l'écrin du bonheur.
C'est le plus beau moment de la vie, le début de l'amour.
Un vrai amour devrait être gratuit. Il devrait être tout entier pour l'autre, pour sa liberté, pour sa vie.
Elle protesta: On n'épouse pas toutes les personnes que l'on aime. Puis continua: Aimer et se marier, c'est bien différent. Aimer ne suffit pas. Il n'ajoutait rien à ces évidences qu'elle alignait.
Dans une guerre, la victoire même est une défaite.
Celui qu'on aime n'a pas forcément toutes les qualités. Je ne vois pas pourquoi il les aurait.
Au début de l'amour, il n'y a ni qualités ni défauts, il n'y a que l'amour.
L'horloge des femmes et celle des hommes dans l'amour n'ont pas les mêmes aiguilles.
Il essayait vraiment de l'aimer. Il tenait à l'aimer comme elle était, ou même comme elle était devenue. C'était cela le mariage. Accepter qu'une personne change.
Est-ce que les pleurs ne sont pas les derniers mots de l'amour?
Un amour adultère et un amour conjugal sont comme deux jumeaux que la vie n'a pas pareillement comblés.
L'estampille de la raison contrecarre nos fantaisies, nos élans se brisent, eux qui pourtant ne sont pas folie mais gaieté.
L'amitié a ses avis. Et ses miroirs. Quels amis, marqués par les malheurs conjugaux d'un autre, ne se demandent pas à quoi ressemble leur propre histoire amoureuse? Par quoi tient-elle? Risquerait- elle de mal tourner aussi?
On a beau croire le contraire, la joie se partage moins que le malheur.
J'ai remarqué que les gens en général se jugent plutôt laids et intelligents que beaux et stupides.
L'abandon volontaire du monde n'est pas à annoncer mais à réussir.
Quand on a vraiment la chance d'ignorer quelque chose, on ignore aussi qu'on a cette chance.
C'est ça la guerre pour les épouses: être à la maison à la fois un homme et une femme, le père et la mère.