Œuvre
Bon Rétablissement (2012)
Pour faire chanter les gens, il faut une partition.
C'est la nécessité qui fait le diplomate.
L'espoir, c'est bon pour les rêveurs et les adolescents.
A force de tout faire pour éviter les mauvaises surprises, on finit par rater les bonnes, aussi.
Ce n'est pas la croyance qui me gêne, c'est ce que certains croyants en font. On a tué et on tuera encore au nom d'un Dieu hypothétique, auquel on prête - s'il existe - bien des médiocrités humaines.
Une maladresse qui vient du coeur se pardonne plus volontiers qu'un silence confortable. Elle s'oublie plus vite également.
Mais on ne vit pas sur des non-dits. Les questions jamais abordées et les mots jamais dits jonchent le sol comme des débris de verre. Après quelques années, le moindre pas fait mal.
On naît roseau, on devient chêne, et on finit bois de balsa.
Les gens qui ont perdu tout espoir ressemblent à des lieux profanés, à des maisons cambriolées. Un dédale de mises à sac, de lumières éteintes, de portes fracturées. Des courants d'air que rien n'arrête. Du silence et du vide.
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, sinistre connerie ! ... La santé, on y pense quand on ne l'a jamais eue, ou quand elle s'effiloche. La vie, on s'y accroche lorsqu'elle est en danger. La jeunesse, on en parle toujours au passé.
Il était tellement quelqu'un que, devant lui, je me sentais personne.
Chez ceux qui sont bornés, la bêtise est sans bornes.
Entre quinze et vingt ans, la vie ressemble à un documentaire animalier : on lutte pour les amours et pour le territoire. S'il fallait pisser dans les coins chaque fois qu'on est en chaleur, les lycées fouetteraient comme des urinoirs.
Médite sur cette phrase de Maurice Chevalier : C'est très mauvais signe quand on oublie de reboutonner sa braguette après avoir pissé, mais c'est pire quand on oulie de la déboutonner avant.
Aujourd'hui, mon courage devient inversement proportionnel à la carrure de l'adversaire. C'est étonnant comme la vieillesse peut rendre un homme tolérant.
Moi, je peux toujours critiquer les cons, dans leur équipe je jouerais avant-centre.
Mais on ne se réveille pas vieux un beau matin, on le devient, et pour s'y préparer, on a le temps nécessaire. On n'a pas été pris par surprise, pourquoi jouer les étonnés ?
La gratitude naît de l'humanité que les gens vous témoignent, rarement de leur excellence.