Notre crise est d'abord ce moment où nous renouons avec la sensibilité, où nous réapprenons les vertus de l'empathie, où nous refusons de rompre le fil iridescent qui nous relie aux merveilles de l'enfance.
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Où est passée notre exclamation de vivre, notre vérité contagieuse ? Où, le bonheur qui pulse et défeutre le corps ?
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À lire aussi de Vincent Cespedes
Dès qu'une philosophie gagne l'approbation générale, elle se fane pour engendrer de nouvelles pousses. Sa victoire est sa défaite, son dépassement est sa fin.
Le bonheur fonctionnerait ainsi à la manière d'un double injecteur, par incorporation-excorporation des affects et des évènements. Je mange et digère l'énergie du monde ; j'offre au monde mon énergie - grosse de lui.
L'oeil retrouva ses doutes, son humanité.
La maturité s'obtient lorsque nous nous sentons en mesure de nous approprier lucidement notre existence, de nous en faire l'auteur, de signer chacun de nos choix en notre nom.
Dans la même œuvre
Le bonheur relève de la psychiatrie.
Microscopiquement se réjouir, quand tout va macroscopiquement si mal, cela semble aussi absurde que de piquer un fou rire sur la corniche d'un immeuble en feu.
Les beautés s'estompent, les forces s'épuisent, les amours se fanent, les amis meurent.
Le bien-être matériel ne garantit en rien le bien-être existentiel.
Le bonheurisme est l'attitude par laquelle les serfs font de la publicité non à leurs maîtres, mais à leur propre volonté de servitude, à leur vie émotionnelle mise en scène et auto-escamotée.