Nous faisons d'autant plus l'expérience du temps que nous faisons moins celle du mouvement et du changement.
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Nous avons dû les céder à l'effacement, à l'évanescence et à la mort tous ces instants qu'aucune tâche n'a requis et que nous avons vécus sans les employer à rien.
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Vivre aussi insoucieux et ravi que s'il n'y avait plus d'avenir, c'est le principe même de la fête. C'est sa règle. Quiconque s'y dérobe s'en exclut.
Se représenter le réel, c'est s'en absenter.
Se reconnaître comme une simple médiation, savoir que nous n'avons pas plus de réalité ni de destin propres qu'une vague sur la mer, c'est n'accorder à notre moi que l'identité d'une tenace apparence : c'est en être délivré.
A notre insu, subrepticement, nous sommes si sociables qu'il nous est presque impossible de prendre conscience de nous-mêmes autrement que par l'image que nous imaginons donner de nous-mêmes à autrui.
Dans la même œuvre
Notre identité n'est pas chose faite, toujours déjà constituée, mais une perspective toujours ouverte, l'attente de possibles indéterminables.
Si le propre de la vie est d'adapter l'individu à son milieu, le propre de la volonté est de l'en soustraire.
Se reconnaître comme une simple médiation, savoir que nous n'avons pas plus de réalité ni de destin propres qu'une vague sur la mer, c'est n'accorder à notre moi que l'identité d'une tenace apparence : c'est en être délivré.