Se représenter le réel, c'est s'en absenter.

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Notre identité n'est pas chose faite, toujours déjà constituée, mais une perspective toujours ouverte, l'attente de possibles indéterminables.
Reine des facultés, l'imagination ne l'est qu'autant qu'elle semble nous livrer un royaume où il n'y a rien qui ne soit à notre convenance et à notre merci.
Nous devons nos amours à nos souffrances, et nos souffrances à nos angoisses.
Il n'est de conscience que séparée ; et il n'est pour la conscience séparation que du temps.
Le problème ne consiste pas à se demander quel est le but ou le bout du chemin, mais seulement à découvrir la meilleure manière de marcher.
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Dans la même œuvre

Imaginer, rêver, espérer, c'est avoir réuni toutes les conditions de la désillusion.
Si loin, le réel nous fascine. Si proche, nous sommes toujours surpris de le trouver si peu surprenant.
Bien loin de tout ramener à soi, comme fait l'hédonisme, l'amour nous fait au contraire imaginer d'en sortir.
Qu'il s'agisse de lieux, d'événements, de personnes, il n'en est pas un qui ne déçoive si nous les avons souvent imaginés avant de les percevoir.
Cette façon intense d'exister que nous communiqueraient des paysages inconnus ou des personnes appartenant à d'autres mondes, c'est ce que nous attendons aussi bien des voyages que de l'amour.