Œuvre

Proust, les horreurs de l'amour (2008)

Imaginer, rêver, espérer, c'est avoir réuni toutes les conditions de la désillusion.
Si loin, le réel nous fascine. Si proche, nous sommes toujours surpris de le trouver si peu surprenant.
Se représenter le réel, c'est s'en absenter.
Bien loin de tout ramener à soi, comme fait l'hédonisme, l'amour nous fait au contraire imaginer d'en sortir.
Qu'il s'agisse de lieux, d'événements, de personnes, il n'en est pas un qui ne déçoive si nous les avons souvent imaginés avant de les percevoir.
Cette façon intense d'exister que nous communiqueraient des paysages inconnus ou des personnes appartenant à d'autres mondes, c'est ce que nous attendons aussi bien des voyages que de l'amour.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas.
Nous devons nos amours à nos souffrances, et nos souffrances à nos angoisses.