Aucune graine ne devient un arbre que par un perpétuel travail sur soi-même tirant de ce qu'on est toujours plus que ce qu'on était.
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A notre insu, subrepticement, nous sommes si sociables qu'il nous est presque impossible de prendre conscience de nous-mêmes autrement que par l'image que nous imaginons donner de nous-mêmes à autrui.
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N'avons-nous pas souvent conscience d'avoir dispersé l'unité de notre vie en une multitude dérisoire d'attentes?
Nous faisons d'autant plus l'expérience du temps que nous faisons moins celle du mouvement et du changement.
Il n'est de conscience que séparée ; et il n'est pour la conscience séparation que du temps.
Aimés ou détestés, nous ne le sommes que par malentendu.
Dans la même œuvre
La société n'est qu'un spectacle. Ce qu'on est convenu d'appeler l'ordre social n'en est que la distribution des rôles.
Nous voulons être reconnus à la fois comme identiques et comme différents. Identiques, pour n'avoir pas honte de notre différence. Différents, pour tirer quelque fierté de notre distinction.
Tout l'ordre social, pour aléatoire et injuste qu'il soit, si absurde et même si scandaleux qu'il puisse être, n'est fondé que sur une ordinaire, diffuse et commune persuasion.
Lorsqu'un paysage ou une scène nous émeuvent, comme nous nous sentons privés que personne n'en partage avec nous l'expérience !
S'il n'y a pas d'autre fondement, d'autre justification possibles de la propriété que le travail, nul n'est fondé ni justifié à posséder plus qu'il n'a travaillé.