Si le propre de la vie est d'adapter l'individu à son milieu, le propre de la volonté est de l'en soustraire.
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Tout l'ordre social, pour aléatoire et injuste qu'il soit, si absurde et même si scandaleux qu'il puisse être, n'est fondé que sur une ordinaire, diffuse et commune persuasion.
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Il n'est de conscience que séparée et il n'est pour la conscience séparation que du temps.
Nous faisons d'autant plus l'expérience du temps que nous faisons moins celle du mouvement et du changement.
S'il n'y a pas d'autre fondement, d'autre justification possibles de la propriété que le travail, nul n'est fondé ni justifié à posséder plus qu'il n'a travaillé.
L'humanité qui est donnée à tous en naissant n'est en fait que la liberté donnée à chacun de définir la sienne. Aussi naissons-nous presque tous semblables et, sur le point de mourir, nous étonnons-nous d'en avoir rencontré si peu.
Dans la même œuvre
La société n'est qu'un spectacle. Ce qu'on est convenu d'appeler l'ordre social n'en est que la distribution des rôles.
A notre insu, subrepticement, nous sommes si sociables qu'il nous est presque impossible de prendre conscience de nous-mêmes autrement que par l'image que nous imaginons donner de nous-mêmes à autrui.
Nous voulons être reconnus à la fois comme identiques et comme différents. Identiques, pour n'avoir pas honte de notre différence. Différents, pour tirer quelque fierté de notre distinction.
Lorsqu'un paysage ou une scène nous émeuvent, comme nous nous sentons privés que personne n'en partage avec nous l'expérience !
S'il n'y a pas d'autre fondement, d'autre justification possibles de la propriété que le travail, nul n'est fondé ni justifié à posséder plus qu'il n'a travaillé.