Cette façon intense d'exister que nous communiqueraient des paysages inconnus ou des personnes appartenant à d'autres mondes, c'est ce que nous attendons aussi bien des voyages que de l'amour.
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Si le propre de la vie est d'adapter l'individu à son milieu, le propre de la volonté est de l'en soustraire.
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Il n'est de conscience que séparée et il n'est pour la conscience séparation que du temps.
Tout l'ordre social, pour aléatoire et injuste qu'il soit, si absurde et même si scandaleux qu'il puisse être, n'est fondé que sur une ordinaire, diffuse et commune persuasion.
Au plus intérieur, au plus secret de nous-mêmes, l'avenir est un vide que nous nous efforçons en vain de remplir à chaque instant. Car vivre c'est attendre.
Aucune graine ne devient un arbre que par un perpétuel travail sur soi-même tirant de ce qu'on est toujours plus que ce qu'on était.
Dans la même œuvre
Notre identité n'est pas chose faite, toujours déjà constituée, mais une perspective toujours ouverte, l'attente de possibles indéterminables.
Nous avons dû les céder à l'effacement, à l'évanescence et à la mort tous ces instants qu'aucune tâche n'a requis et que nous avons vécus sans les employer à rien.
Se reconnaître comme une simple médiation, savoir que nous n'avons pas plus de réalité ni de destin propres qu'une vague sur la mer, c'est n'accorder à notre moi que l'identité d'une tenace apparence : c'est en être délivré.