Œuvre

Traité des solitudes (2003)

La plus constante de nos occupations ne serait pas de fuir la solitude si la solitude n'était notre plus originaire et plus constante expérience.
Puisque je ne suis pas ce que je suis vu, ceux qui me voient ne me voient donc jamais. Ma solitude est alors une seule et même chose avec ma clandestinité.
Si original, si inventif, si novateur soit-il, chaque moi est la confluence et comme la concrétion d'une infinité d'autres.
Aimés ou détestés, nous ne le sommes que par malentendu.
En comprenant que notre nature est celle d'un flux ou d'un rayonnement, nous ne pouvons plus être avares de nous-mêmes.