La plus constante de nos occupations ne serait pas de fuir la solitude si la solitude n'était notre plus originaire et plus constante expérience.
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Aimés ou détestés, nous ne le sommes que par malentendu.
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S'il n'y a pas d'autre fondement, d'autre justification possibles de la propriété que le travail, nul n'est fondé ni justifié à posséder plus qu'il n'a travaillé.
Se reconnaître comme une simple médiation, savoir que nous n'avons pas plus de réalité ni de destin propres qu'une vague sur la mer, c'est n'accorder à notre moi que l'identité d'une tenace apparence : c'est en être délivré.
Si loin, le réel nous fascine. Si proche, nous sommes toujours surpris de le trouver si peu surprenant.
Puisque je ne suis pas ce que je suis vu, ceux qui me voient ne me voient donc jamais. Ma solitude est alors une seule et même chose avec ma clandestinité.
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La plus constante de nos occupations ne serait pas de fuir la solitude si la solitude n'était notre plus originaire et plus constante expérience.
Puisque je ne suis pas ce que je suis vu, ceux qui me voient ne me voient donc jamais. Ma solitude est alors une seule et même chose avec ma clandestinité.
Si original, si inventif, si novateur soit-il, chaque moi est la confluence et comme la concrétion d'une infinité d'autres.
En comprenant que notre nature est celle d'un flux ou d'un rayonnement, nous ne pouvons plus être avares de nous-mêmes.