Mon âme est une infante en robe de parade, - Dont l'exil se reflète, éternel et royal, - Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial, - Ainsi qu'une galère oubliée en la rade.
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Mon enfance captive a vécu dans des pierres, - Dans la ville où sans fin, vomissant le charbon, - L'usine en feu dévore un peuple moribond. - Et pour voir des jardins je fermais les paupières...
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Mon coeur, tremblant des lendemains, - Est comme un oiseau dans tes mains - Qui n'effarouche et qui frissonne. - - Il est si timide qu'il faut - Ne lui parler que pas trop haut - Pour que sans crainte il s'abandonne.
L'âme a besoin d'aimer, n'importe qui, n'importe quoi, comme le corps a besoin de manger. Il y a des âmes qui meurent de faim.
Oh! garder à jamais l'heure élue entre toutes, - Pour que son souvenir, comme un parfum séché, - Quand nous serons plus tard las d'avoir trop marché, - Console notre coeur, seul, le soir, sur les routes!
Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme, - Où dans l'air énervé flotte du repentir, - Où sur la vague lente et lourde d'un soupir - Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Dans la même œuvre
Le long des prés déserts où le sentier dévale - La pénétrante odeur des foins coupés s'exhale.
Blotti comme un oiseau frileux au fond du nid, - Les yeux sur ton profil, je songe à l'infini...
Je t'aime ingénument. Je t'aime pour te voir. - Ta voix me sonne au coeur comme un chant dans le soir.