Ah! ce soir, j'ai le coeur mal, le coeur à la Lune.
❧
Ma complainte n'a pas eu de commencement, - Que je sache, et n'aura nulle fin autrement, - Je serais l'anachronisme absolu. Pullule - Donc, azur possédé du mètre et du pendule !
◆
À lire aussi de Jules Laforgue
Vie ou néant! choisir. Ah! quelle discipline! - Que n'est-il un Eden entre ces deux usines?
Les mares de vos yeux aux joncs de cils, - O vaillante oisive femme, - Quand donc me renverront-ils - La Lune-levante de ma belle âme?
Ah! tout est bien qui n'a pas de fin.
Sais-tu bien, folle pure, où sans châle tu vas ? - Passant oublié des yeux gais, j'aime là-bas...
Dans la même œuvre
Jupes des quinze ans, aurores de femmes, - Qui veut, enfin, des palais de mon âme?
Automne, automne, adieux de l'Adieu! - La tisane bout, noyant mon feu; - Le vent m'époumone - A reverdir la bûche où mon grand coeur tisonne.
Et quand tu t'endormiras, - Dans les draps - D'un somme, je t'éventerai de lointains opéras.
Elle est partie hier. Suis-je pas triste d'elle? - Mais c'est vrai! Voilà donc le fond de mon chagrin! - Oh! ma vie est aux plis de ta jupe fidèle!
Et moi je suis dans ce lit cru - De chambre d'hôtel, fade chambre, - Seul, battu dans les vents bourrus - De novembre.