Le chagrin, parfois, ça vous tanne le cuir si profond qu'on est tout souple et doux après.

À lire aussi de Marie-Sabine Roger

Entre quinze et vingt ans, la vie ressemble à un documentaire animalier : on lutte pour les amours et pour le territoire. S'il fallait pisser dans les coins chaque fois qu'on est en chaleur, les lycées fouetteraient comme des urinoirs.
Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Alors c'est ça la vie : ou t'es fort, ou t'es mort ? Tu parles d'un choix à la con.
J'aurais été apprivoisée d'une seule caresse, plutôt mourir que de la quémander.
Lorsqu'on vit dans le désert, on finit par aimer le premier cactus qui pousse.
C'est un peu ça que je ne veux pas faire : ranger mes rêves au fond d'un tiroir-caisse, et rendre la monnaie sur tous mes faux espoirs.
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Dans la même œuvre

Le privilège de l'âge, c'est que lorsqu'on s'ennuie, au moins, ce n'est plus pour longtemps.
L'affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c'est trop tard: le coeur, on ne peut pas le passer au rundup pour lui désherber la tendresse.
Au primaire, il y a des gamins qui apprennent leurs tables et leurs conjugaisons. Moi, j'ai appris des choses plus utiles: les plus forts aiment bien marcher sur la gueule des autres, et s'essuyer les pieds au passage, comme on fait sur les paillassons.
On passe des années à rêver d'être grands, tout ça pour regretter quand on était petits.
Je me suis fait tout seul, et alors ? Même si ce n'est pas bâti dans les normes, ça tient.