On passe des années à rêver d'être grands, tout ça pour regretter quand on était petits.

À lire aussi de Marie-Sabine Roger

Il me semblait que si tu oubliais tout de moi jusqu'à aujourd'hui, à mon tour je m'oublierais moi-même.
Aimer, c'est un mot très violent, faut y être habitué. Si on vous l'a répété tous les jours depuis qu'on est petit c'est sûrement plus simple à lâcher. Mais quand on ne vous l'a jamais dit jusqu'à un âge adulte avancé, c'est trop gros pour sortir.
L'habitude amortit les chocs. Les beaux deviennent ordinaires. On finit par se demander pourquoi on les trouvait tellement magnifiques, craquants et à tomber par terre. Et les vilains gagnent à être revus.
Si être intelligent, c'était qu'une question de volonté, je serais un génie, je peux dire. Parce que j'en ai fait, des efforts.
La charité Chrétienne, c'est répondre courage ! à quelqu'un qui vient chercher secours. Et puis à fermer sa porte, à double tour.
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Dans la même œuvre

Le privilège de l'âge, c'est que lorsqu'on s'ennuie, au moins, ce n'est plus pour longtemps.
L'affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c'est trop tard: le coeur, on ne peut pas le passer au rundup pour lui désherber la tendresse.
Au primaire, il y a des gamins qui apprennent leurs tables et leurs conjugaisons. Moi, j'ai appris des choses plus utiles: les plus forts aiment bien marcher sur la gueule des autres, et s'essuyer les pieds au passage, comme on fait sur les paillassons.
Je me suis fait tout seul, et alors ? Même si ce n'est pas bâti dans les normes, ça tient.
Aimer, c'est un mot très violent, faut y être habitué. Si on vous l'a répété tous les jours depuis qu'on est petit c'est sûrement plus simple à lâcher. Mais quand on ne vous l'a jamais dit jusqu'à un âge adulte avancé, c'est trop gros pour sortir.