Je sais seulement que j'ai un curieux pouvoir: celui de ne pas être devenue adulte. Du tout. Dans la vie, il faut être grave. Désespéré. Heureux. Passionné. Émerveillé. Mais pas sérieux, non! Le jour où on se prend au sérieux, on meurt un peu. Moi, je suis vieille, mais je ne suis pas adulte.
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La scène, ce n'est pas qu'un métier. C'est une manière de vivre. Je me réveille tous les matins en disant «merci». Merci au jour qui m'est donné. A celui que j'ai eu la veille, si j'ai bien travaillé.
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À lire aussi de Juliette Gréco
On pardonne à un homme d'être vieux. Pas à une femme. Avant que les gens me regardent d'un œil attristé, je préfère m'en aller.
Je suis un animal sauvage, totalement impropre au dressage. Je suis arrivée comme ça, je partirai comme ça.
Que doit-il rester de moi ? Ce que les gens veulent. Ce qu’ils ont reçu. Ce que j’ai pu donner : des moments d’oubli à ceux qui ont choisi de venir m’écouter.
La solitude peut être extrêmement cruelle, extrêmement douloureuse, mais je m’en suis arrangée. J’ai appris à lire, à entendre. J’aimais écouter. J’ai posé des questions, on m’a répondu. J’ai eu une culture étrange et somptueuse.
Dans la même œuvre
Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse.
Je ne porte pas un intérêt particulier à moi-même, vous savez. J'ai du respect pour moi, parce que je reste cohérente et que je suis folle. Folle de passion, folle d'amour... Mais je ne suis pas narcissique.
Je suis un animal sauvage, totalement impropre au dressage. Je suis arrivée comme ça, je partirai comme ça.
J'ai un sens suraigu de l'injustice. Quant à la liberté... Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse. « Ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin...» Brassens a raison. Aussi prestigieux que soient les hommes que j'ai épousés, je ne me suis jamais appelée Mme Philippe Lemaire, ni Mme Michel Piccoli, ni Mme Gérard Jouannest. Je m'appelle toujours Gréco.
J'ai toujours eu besoin d'être seule. Seule pour pouvoir travailler en moi. Sans cela, je n'entends rien.