Jeune homme, qui choisis pour ta couche azurée - La fontaine des bois aux flots silencieux, - Nul ne sait la liqueur qui te fut mesurée - Au calice éternel des esprits soucieux.

À lire aussi de Charles Marie René Leconte de Lisle

Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures. - J'ai fait mon temps. Buvez, ô loups, mon sang vermeil. - Jeune, brave, riant, libre, et sans flétrissures, - Je vais m'asseoir parmi les Dieux, dans le soleil.
En bas, gît le marais des Lâches, des Jaloux, - Des Hypocrites vils, des Fourbes, des Parjures. - Ils grouillent dans la boue et creusent des remous, - Ils geignent, bossués de pustules impures.
J'ai vécu, je suis mort, - Inerte, blême, au fond d'un lugubre entonnoir. - Je descends d'heure en heure, d'année en année, - A travers le Muet, l'Immobile et le Noir.
Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil, - Fait onduler son dos dont l'écaille étincelle.
Laissant pendre sa flûte au bout de son bras nu, - L'aigipan, renversé sur le rameau qui ploie, - Rêve, les yeux mi-clos, avec un air de joie, - Qu'il surprend l'oréade en son antre inconnu.
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Sur les blancs nénuphars, l'oiseau ployant ses ailes, - Buvait de son bec rose en ce bassin charmant.