J'ai vécu, je suis mort, - Inerte, blême, au fond d'un lugubre entonnoir. - Je descends d'heure en heure, d'année en année, - A travers le Muet, l'Immobile et le Noir.

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Les sillons de l'espace où fermentent des mondes.
Tout! Tout a disparu, sans échos et sans traces, - Avec le souvenir du monde jeune et beau.
Victorieux, vaincus, fantassins, cavaliers, - Les voici, maintenant, blêmes, muets farouches, - Les poings fermés serrant les dents, et les yeux louches, - Dans la mort furieuse étendus par milliers.
Toi, dont la vieille terre est avide, je t'aime, - Brûlante effusion du brave et du martyr, - Où l'âme se retrempe au moment de partir!
Ceinte d'astres, la Nuit au milieu de sa course, - Vers l'Occident plus noir poussait le char de l'Ourse. - Tout se taisait, les monts, les villes et les bois, - Les cris du misérable et le souci des rois; - Les Dieux dormaient, rêvant l'odeur des sacrifices.
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